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| Castration d'un phallus fantasmatique: délire psychanalytique sur l'épisiotomie |
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| Écrit par Blandine | |
| 22-11-2005 | |
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Commentaires sur une certaine vision psychanalytique de l’épisiotomie...
Monique Bydlowski est psychiatre et psychanalyste. Elle a travaillé longtemps dans le service dirigé par le Dr Papiernik, à Clamart puis à Port-Royal. Elle a publié deux ouvrages destinés à un large public - "La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité", édition Puf, coll. le Fil Rouge, 2002 ; et "Je rêve un enfant. L'expérience intérieure de la maternité", édition Odile Jacob, 2000. Je vous propose de lire cet extrait de "Je rêve un enfant", p.113 : "Le déroulement de la mise au monde d'un enfant est en effet très suggestif. Au cours de la phase expulsive, la tête du nouveau-né à venir se porte en avant. Elle distend lentement le périnée maternel, sculptant pour quelques minutes un phallus érigé entre les jambes de l'accouchée. Le moment est particulièrement chargé d'intensité et d'émotion pour ceux qui regardent. Ce peut être le cas du père qu'aucune autre tâche concrète ne mobilise que celle de conforter sa compagne. Souvent, l'épisiotomie abrège cet instant et cette représentation. Elle remet les choses à leur place. La tête de l'enfant apparaît au plus vite, c'est bien un visage humain qui éclôt et non un sexe féminin doté d'un phallus qui se donne à voir ! Le tableau est encore plus saisissant lorsque l'enfant se présente en siège et que ses fesses et son corps font, pour quelques instants, une saillie de plus de vingt centimètres ! Les praticiens réalisent facilement une césarienne pour présentation en siège, et l'opération a le mérite d'éviter la confrontation prolongée à la représentation." Dans ses livres, Monique Bydlowski dit qu'elle adopte le point du vue d'un chercheur, suivant la démarche observation clinique puis théorisation. Elle précise aussi que, comme tout psychanalyste, elle doit respecter le devoir d'abstinence, c'est à dire une séparation stricte entre sa vie professionnelle et son implication personnelle. Bien que non dit, il est probable que s'y ajoute un autre principe, ne jamais remettre en cause les pratiques obstétricales du service dans lequel elle travaille, principe vraisemblablement indispensable à son intégration dans l'équipe. De son point de vue de chercheur, il est donc tout à fait légitime de rapporter l'observation de fantasmes chez les assistants lors du démoulage du bébé. Il est, à mon avis, déjà moins légitime de le rapporter de cette façon. En effet, probablement pour rendre l'image plus saisissante, elle le décrit en généralisant à l'ensemble des assistants, et en utilisant le présent de l'indicatif. D'un point de vue stylistique on comprend son but, faire bien comprendre l'image à ses lecteurs. Néanmoins, cela revient aussi à concrétiser un fantasme en une réalité objective, alors que la réalité objective est juste celle d'un enfant naissant en passant par le vagin de sa mère, et non pas celle d'un sexe féminin se dotant d'un phallus géant. D'autre part, la généralisation est tout à fait abusive. Si certains assistants, pères, sages-femmes, ou obstétriciens, peuvent avoir ce fantasme, tout le monde ne l'a pas, loin de là. Certains l'ont eu quelques fois dans leur carrière, et seulement dans des circonstances très particulières, un bébé né coiffé par exemple. Quoi qu'il en soit, l'observation de ce fantasme chez certaines personnes assistant à une naissance est extrêmement instructive, et tout particulièrement lorsque Monique Bydlowski le relie à des actes chirurgicaux tels que l'épisiotomie et la césarienne en cas de siège. A la vision d'un phallus géant en érection dynamique entre les jambes d'une femme, l'épisiotomie "remet les choses à leur place", la césarienne "a le mérite d'éviter la confrontation prolongée à la représentation". Il est difficile de savoir ce que pense réellement Monique Bydlowski lorsqu'elle écrit ces deux phrases. Il est néanmoins tout aussi difficile d'éviter de comprendre que certaines épisiotomies ou césariennes pourraient avoir pour origine non pas seulement la prévention de risques médicaux objectifs, mais aussi le fantasme de certains praticiens. Si effectivement ce fantasme de la femme-phallus pousse certains praticiens à une chirurgie abusive, alors ces actes chirurgicaux deviennent d'intention mutilatoire, étant en quelque sorte une castration de ce phallus imaginaire. L'accouchée ne peut manquer de ressentir même inconsciemment l'intention castratrice, non pas d'un phallus qui n'existe qu'en imagination, mais de sa puissance procréatrice, dont la vision serait insupportable pour certains. Ceci ne saurait être sans conséquences sur le psychisme de ces femmes. Il n'est peut-être pas toujours nécessaire de remonter au passé œdipien pour comprendre que certaines femmes aient mal digéré une épisiotomie, ou qu'elles se sentent frustrée de la mise au monde de leur enfant. Les sous-entendus implicites de ce texte sont donc extrêmement lourds. Monique Bydlowski n'a vraisemblablement voulu rapporter rien de plus qu'une observation clinique, restant dans la position de chercheur qu'elle s'est attribuée au départ. Néanmoins, ce qui est en question ici n'est pas bénin, il s'agit de la possibilité d'atteinte à l'intégrité physique et mentale de personnes humaines. Si Monique Bydlowski avait ajouté au texte précédent une mise en garde sur les dérives possibles d'un tel fantasme, je n'aurais rien à dire. Mais elle ne le fait pas, à aucun moment dans le livre. Pour ma part je pense que c'est une attitude inacceptable, quels que soient les motifs invoqués, le secret professionnels par exemple. S’il y a risque de violation des droits de l'homme les plus basiques, du code de déontologie médicale, et aussi de la loi sur les droits des malades, alors cela doit être dit. Il est inadmissible de se retrancher derrière une position neutre de simple observateur qui va bien au-delà de tout principe d'abstinence. Si tous les chercheurs adoptaient le même type de position nous ne saurions pas que les gaz à effet de serre ou la pollution qui plane au-dessus des grandes villes sont nuisibles. On voit mal pourquoi la psychanalyse ferait exception dans le monde de la recherche. Cecile Loup Mère de deux enfants Comité de gestion de RCN Astronome ……. Que répondre à un délire psychanalytique aussi misogyne ? Le problème, c'est que la psychanalyse est UNE THEORIE. Rien d'autre. Pas une vérité révélée, pas une évidence, pas une réalité : une théorie. Théorie crée - pas découverte, on ne peut découvrir que quelque chose qui pré existe à cette découverte et a une existence indépendante de cette découverte - par un homme, Freud, né dans une famille bien particulière, à une époque et un lieu bien précis. Et que cette théorie est bien évidemment tissée de tout cela, et pas libre de ces facteurs prépondérants et essentiels, comme Freud et ses successeurs ont tenté de nous faire gober. DONC ............ la vie vue à travers les lunettes déformantes psychanalytiques n'a rien à voir avec la vie réelle, avec la réalité du psychisme des individus et de ce qui les meut. Parfois, il y a des trucs qui collent, avec certains individus, dans certaines conditions. Point. Pas plus. DONC ... lire la vie à travers ces théories - fondées sur les névroses de Freud, de par son histoire familiale, d'enfance, d'époque, de lieu de vie - c'est forcément la gauchir, tenter de la faire entrer dans un cadre étroit et rigide ... qui n'a rien à voir avec ce qu'elle est dans sa dynamique, sa mouvance, sa réalité. Dans le l'extrait de "Je rêve un enfant", Monique Bydlowski, ed. Odile Jacob, p.113, on retrouve les vieux mythes de la psychanalyse ... ... l'obsession sexuelle - enfin du sexe masculin, le seul vrai sexe, le seul digne d'attention, d'estime, d'importance, ... la castration ... la nécessité de "dompter" (à défaut de la comprendre) le "continent noir" féminin En plus .... En général, il n'est pas conseillé, bien au contraire, au mari et presque père de se mettre face au vagin qui se dilate pour laisser passer l'enfant : je connais des hommes qui ont mis des mois à s'en remettre ... pour une personne versée dans la psychologie, ce n'est pas vraiment d'une intelligence avérée que de croire et affirmer l'homme face au sexe de sa compagne qui accouche. Et entre nous soit dit, il faut avoir l'esprit drôlement tordu (ou psychanalytique) pour voir dans la tête de l'enfant qui naît un phallus. L'instant est tout sauf centré sur le "phallus glorieux objet de vénération" de papa Freud. Et projeter cette idée tordue sur les personnes présentes aux accouchements, croire que eux aussi ont ces idées incongrues, ce n'est pas faire preuve de beaucoup de recul vis à vis de ses propres fantasmes, puisqu'on imagine que les autres ont les mêmes ...... très peu psychologique ça, mais par contre très psychanalytique. Et on continue !!!!!!!!!! Arrivée d'un autre mythe Freudien : la nécessité pour l'homme (civilisé) de corriger la femelle nature (sauvage) ... pour éviter de se trouver trop longtemps face à cette aberration intolérable : une femme doté d'un énorme phallus, on accélère les choses : ON COUPE !!!!!!!!!!!!!! On ouvre le sexe de la femme d'un coup de ciseau ou de scalpel, pour que la raison et la cohérence - psychanalytique - reprenne le dessus, pour que cette aberration là prenne fin. Dans ce cas, la santé, la sécurité du bébé, la protection du périnée et que sais je encore s'évaporent comme neige au soleil : en fin de compte, à croire cette éminente personnalité bardée de titres et de diplômes, l'épisiotomie ne sert qu'à remettre les choses en place : une femme a un vagin, pas un phallus. Diantre, qu'est ce que cela me rappelle les justifications de l'excision et de l'infibulation : corriger la nature (en coupant et cousant ce qui est physiquement "masculin" dans le sexe féminin dans ces cultures), et rendre la femme plus femme que femme (mais attention, en l'aidant - de force, par la lame - à maîtriser ses pulsions naturelles sauvages et bestiales) ... Ou comment remettre au goût du jour une très vieille pulsion masculine : dominer et dompter par la lame (et ne pas oublier dans la foulée que la lame, dans la mythologie freudienne, est représentation symbolique du phallus ...) la nature de la femme ... Quant à la présentation "par le siège" ... on prend les même et on recommence. Sauf que là, la vision est tellement dantesque et insoutenable, selon l'auteur, que la césarienne s'avère nécessaire pour éviter une telle confrontation. Et pour conclure, quelques citations de psychanalystes intéressantes : - sur la réalité des faits : "Il faut, avant toute recherche, annoncer par anticipation le résultat tel qu’il est vraiment, c’est à dire comme quelque chose de tout à fait nouveau" ! (Mensonges Freudiens - Jacques Béneteau - Edition Mardaga) Donc autrement dit : on imagine un truc nouveau, on le proclame et on fait rentrer ensuite la réalité dans le cadre pré déterminé ainsi. - sur le respect du vécu de chacun, et de sa parole (et de la non directivité des psychanalystes) : "Il appartient à l’analyste d’ordonner les paroles qu’il entend et de leur donner un sens, une signification ". "Mais à la fin des fins, l’analysant va toujours où l’analyste le mène." Lacan (Magazine Littéraire - Dossier "La psychanalyse, nouveaux enjeux, nouvelles pratiques" n°428 - 02/04) Sans commentaires … Blandine Poitel - Maman de trois enfants - Doula Membre du comité de rédaction des Dossiers de l'Obstétrique Co fondatrice du CIANE http://www.fraternet.org/naissance/CIANE/ Membre de l'AFAR http://www.fraternet.org/afar/ http://blog.doctissimo.fr/infosaccouchement/ http://www.episiotomie.info/ http://fr.groups.yahoo.com/group/soutien-episiotomie/ |
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