Et la version en français est ici :
http://www.anaes.fr/anaes/Publications.nsf/nPDFFile/RA_LILF-5CHKPU/$File/rythme.card.rap.pdf?OpenElementCe que j'en comprends, sur le 'monitoring' (surveillance du rythme cardiac foetal , en français) : qu'elle soit continue ou intermittant, il n'y a pas de différence en terme de mortalité ou de séquelles neurologique à long terme. Sauf si on utilise des ocytociques (plus de convulsions dans ce cas, si monitoring intermittant).
Emmanuelle
(je copie les 2 pages de conclusion ci dessous)
Résultats
La cardiotocographie
Un nombre important d’études ont porté sur l’évaluation de la technique mais elles sont dans
l’ensemble de faible qualité méthodologique (portant sur des effectifs restreints ou sélectionnés,
utilisant des définitions et classifications de tracés non validées). La complexité des modes de
lecture et d’interprétation, l’absence de critère spécifique de l’hypoxie survenant au cours de
l’accouchement représentent des difficultés supplémentaires.
Globalement les résultats font ressortir :
- une forte variabilité intra et inter-observateurs, reflétant les difficultés de lecture et
d’interprétation des tracés, l’absence de standardisation des définitions et des classifications
utilisées ;
- une sensibilité élevée, une forte valeur prédictive négative mais un taux de faux positifs
important. Ce profil confère à la technique de meilleures qualités comme test de dépistage que
comme test diagnostique. Le recours à des tests complémentaires s’avère nécessaire dans le but
de réduire ces positifs et d’augmenter la spécificité du diagnostic d’hypoxie foetale.
La comparaison des deux modes de surveillance (auscultation intermittente, enregistrement
cardiotocographique continu)
Des études cliniques randomisées contrôlées ont comparé directement l’auscultation intermittente
au monitorage cardiotocographique continu. Parmi les 10 études réalisées, 2 seulement ont
sélectionné une population à faible risque (les autres correspondant à une population sélectionnée à
risque élevé ou non sélectionnée).
Les données cliniques n’ont pas permis de mettre en évidence de différence entre les deux
techniques sur la mortalité périnatale ou sur la survenue de séquelles neurologiques à long terme.
Une diminution de la fréquence des convulsions néonatales a été cependant notée sous surveillance
cardiotocographique par rapport à l’auscultation intermittente. Cette différence a été principalement
observée dans le cas d’utilisation d’ocytociques ou de travail prolongé.
Une augmentation du risque de recours aux actes invasifs (césariennes, extractions instrumentales)
a été retrouvée dans le cas de la surveillance cardiotocographique par rapport à l’auscultation
intermittente. La cardiotocographie semble accroître le taux de faux positifs et donc de gestes
invasifs pour la mère, réalisés à tort. Cette constatation pourrait être modifiée par le recours à des
tests de 2e intention ayant pour _object_if d’améliorer la spécificité de la démarche.
Il est important de souligner que ces résultats comparatifs proviennent d’expérimentations cliniques
réalisées dans des conditions qu’il est difficile de transposer à la pratique clinique de routine. Ainsi,
le protocole de surveillance par auscultation intermittente était très strict, des ressources importantes
avaient été allouées pour cette pratique avec notamment la présence d’une sage-femme par
parturiente. Il s’agissait aussi de centres spécialisés non représentatifs de l’ensemble.
Les résultats des grands essais et l’organisation du système d’encadrement des centres d’obstétrique
en Angleterre, aux États-Unis et au Canada ont conduit ces pays à émettre des recommandations
d’une surveillance par auscultation intermittente chez les femmes à risque faible et de la
cardiotocographie chez les femmes à risque élevé ou quand les conditions locales ne permettent pas
la pratique sans risque de l’auscultation intermittente. Le recours aux ocytociques, la notion de
travail prolongé constituent des contre-indications à la pratique de l’auscultation intermittente.
L’utilisation du monitorage cardiotocographique continu s’est rapidement diffusée en France par les
avantages que ce type de surveillance apporte en pratique. La traçabilité des événements offre
plusieurs opportunités :
- dans le cas de conditions sub-optimales fréquemment rencontrées en obstétrique où plusieurs
accouchements sont surveillés simultanément, l’enregistrement continu permet l’analyse
rétrospective des tracés ;
- les tracés peuvent aussi être lus et interprétés à plusieurs reprises et par plusieurs professionnels
(sages-femmes, obstétriciens) ;
- les tracés peuvent être utilisés lors d’expertises médico-légales et constituent des éléments de
preuve.
Conclusion
Sur la _base_ des données publiées à ce jour, aucune différence n’est montrée en conditions
expérimentales entre les deux techniques en terme de mortalité ou de séquelles neurologiques.
En l’absence de recommandations ciblées sur les conditions de pratique de l’auscultation
intermittente, le choix des centres d’obstétrique en France se porte aujourd’hui quasi exclusivement
sur l’enregistrement cardiotocographique du fait des avantages qu’il procure en terme d’utilisation
des ressources et de traçabilité des événements.