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Forum sur l'épisiotomie
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SUJET: Re:épisiotomie
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Myriam (Utilisateur)
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épisiotomie 8 Moiss ago  
Episiotomie…dix ans après.

Ceci est un appel au secours. Je souffre des séquelles d’une épisiotomie, et ce depuis 10 ans. Oui ! 10 ans, c’est à peine croyable mais c’est vrai ! Alors si après avoir lu mon histoire quelqu’un a un conseil à me donner, une solution à me proposer ou un produit miracle, surtout qu’il n’hésite pas. Parce que vraiment, dix ans c’est long...

Voici mon histoire…

Le 2 mai 1997, j’accouchai d’un beau garçon de 3kg600 et 52 cm. J’avais 32 ans mais c’était mon premier enfant. Mon seul enfant… L’accouchement s’est très bien passé…enfin selon les critères médicaux.

Pas de précipitation…l’accouchement était programmé. Le terme était dépassé et toujours pas de contractions! Ainsi à 8h00 du matin le jeudi 2 mai, date fixée par le médecin (il avait tout d’abord proposé le 1 mai avant de s’aviser que c’était un jour férié !), j’arrivai tranquillement avec la petite valise de la parfaite future maman à la clinique. J’étais accompagné du futur papa.

On m’installa dans une chambre et on me perfusa…Le produit devait déclencher les contractions. Au bout de plusieurs heures l’injection commença à faire son effet. Les contractions étant de plus en plus rapprochées et très douloureuses, la sage-femme appela l’anesthésiste. Pas de chance… le praticien disponible ce jour là était ( par principe !) contre la péridurale. Il fit donc savoir qu’il viendrait quand il pourrait ( ou voudrait) et que la future mère devait ( pouvait ) patienter.

On me transféra dans une salle d’accouchement. Malgré les contractions, le col de l’utérus ne voulant toujours pas s’ouvrir, la sage-femme décida de l’ouvrir de force, manuellement... Puis elle décida qu’il était temps de percer la poche des eaux, ce qu’elle fit avec une longue tige.

Allongée sur la table d’accouchement comme un cachalot échoué sur une plage, j’attendais l’anesthésiste en me cramponnant pour refouler la panique qui ne demandait qu’à me submerger. On a beau savoir que cela va faire mal, cela surprend ! La sage-femme sortit en proclamant qu’elle ne supportait pas les femmes enceintes qui souffrent. Il était d’ailleurs très difficile de dire quoi que ce soit à cette brave femme. Vraiment ces futures accouchées sont insupportables avec leurs questions !

L’anesthésiste arriva enfin ! Il commença par m’expliquer que 90% des femmes dans le monde accouchaient sans péridurale, que sa propre femme avait mis leurs enfants au monde sans péridurale, et qu’accoucher était un acte tout à fait naturel… Je lui fit remarquer que je n’était pas en état d’argumenter et que pour l’instant rien dans mon accouchement n’était naturel ! Devant l’attitude de ce médecin, le futur papa commença à s’énerver. Je fus obligée de rappeler à tout le monde que j’étais en train d’accoucher. Enfin l’anesthésiste se décida à faire cette P… de péridurale…

Quel soulagement ! Ouf…le paradis ! Mais cela ne dura pas très longtemps. Au bout de quelques temps, les contractions réapparurent mais seulement sur la moitié du ventre. La sage-femme ne sachant trop que faire téléphona à l’anesthésiste qui ne se précipita pas pour constater le phénomène. Après mûre réflexion la sage-femme déclara : « c’est peut-être parce que le bébé veut sortir…il faudrait peut-être pousser ! » Après avoir assassiné mentalement la sage-femme pour ne pas me l’avoir dit plus tôt, je me suis sentie soulagée. Enfin j’allais pouvoir passer à l’action et « participer » à mon accouchement !

La sage-femme appela en renfort une aide-soignante. Toutes deux, tout en s’affairant autour de mon ventre, discutèrent de leurs futures vacances. Puis vint l’obstétricien qui après une rapide évaluation de la situation déclara que le bébé allait sortir ( !) mais que j’avais un « périnée de danseuse ». Je dois dire que j’ignorais totalement que j’étais musclée à cet endroit là. Il fallait donc trancher et trancher beaucoup. Ce qui fut fait. Pendant ce temps-là la sage-femme et l’aide soignante avaient cessé leur conversation. Il faut dire que l’aide-soignante était très occupée à attirer l’attention du médecin. Et puis pour tout ce petit monde c’était la routine. Tout se passait bien.

Pourtant le bébé ne sortait toujours pas malgré la bonne volonté dont il faisait preuve et mes efforts pour le pousser dehors. Il fallut donc utiliser les forceps. Ainsi mon fils fut finalement extirpé de mon ventre à 17h38 soit 9h38 après que l’on m’ait planté une aiguille dans le bras. Le médecin proposa au nouveau papa de couper le cordon ombilical. Mais celui-ci déclina l’offre… Trop d’émotions sans doute…

Je voulus voir mon petit garçon. Mais d’après la sage-femme, il fallait tout d’abord le nettoyer. J’insistai, mais elle me fit remarquer que le bébé allait salir ma chemise de nuit ( !!!). Enfin elle le posa sur le haut de mon corps près de mon visage. J’eus à peine le temps de voir qu’il était blond, et hop, il repartait pour un nettoyage complet et les vérifications d’usage.

Et puis il fallut « accoucher » du reste : placenta et autres… et me recoudre. Le médecin déclara très satisfait que j’aurais une belle cicatrice. En attendant, j’avais toujours l’impression d’être un cachalot échoué et je regardais tout autour de moi cherchant à apercevoir mon bébé. On me l’amena dans une couveuse et on m’informa que tout étant pour le mieux, j’allais être transférée dans une chambre et mon fils dans la pouponnière.

Merci, la mère et l’enfant se portent bien !…tout s’est bien passé… un peu de contractions mais on les oublie vite… une naissance c’est tellement merveilleux…et si naturelle !

Donc un accouchement tout ce qu’il y a de plus « naturel » et sans problèmes. Et en plus j’ai eu une très belle épisiotomie. Le médecin me l’a dit.

J’avais enfin accouché et mon fils était là ( enfin… à l’autre bout du couloir dans la pouponnière) et je pouvais me sentir heureuse et soulagée. Mais je ne savais pas que les problèmes ne faisaient que commencer. Je ne parle pas de mon fils, ce fut un bébé facile. Je parle des séquelles de l’accouchement.

Après l’accouchement, on se dit que le plus douloureux est fait. En effet, durant les fameux cours de préparation à l’accouchement on nous parle des contractions, de la perte des eaux, du placenta, on nous mentionne même la possibilité d’une épisiotomie. On nous dit que cela peut piquer un peu pendant quelques temps mais qu’il faut se forcer. En effet, il faut penser au papa ! (et la maman alors ?) et on nous promet que la petite douleur disparaîtra d’autant plus facilement, que l’on aura repris une activité sexuelle régulière. Allez, c’est l’affaire d’un mois ou deux et tout rentrera dans l’ordre.

On n’oublie de nous dire que l’on va saigner pendant au moins un mois et pas question d’utiliser des tampons ! Mais ça, on peut encore faire avec. Mais c’est beaucoup plus difficile avec la constipation et les hémorroïdes. Pendant une semaine je n’ai pas pu aller aux toilettes. J’étais pliée en deux tant j’avais mal au ventre. Aucun médicament n’a pu me soulager. Selon le corps médical, là encore il fallait se forcer.

Et puis, il y avait la fameuse épisiotomie, si belle, si bien réussie. Impossible de m’asseoir correctement pendant au moins quinze jours. J’étais obligée d’utiliser une bouée. Et même avec cette précaution, c’était une torture.

Alors que j’étais encore à la maternité, je me suis plainte auprès d’une infirmière. Celle-ci m’a fait remarquer que pourtant j’avais eu une belle épisiotomie. Cependant, elle m’a donné quelques cachets de paracétamol. La douleur persistant, j’ai demandé à la sage-femme quelque chose de plus fort. Elle m’a assuré que j’avais été très bien recousue. Puis, je me suis adressée au médecin-accoucheur. Très étonné, il m’a affirmé que pourtant la cicatrice était très bien. Je lui ai alors fait remarquer que SA cicatrice était sans doute très belle mais que j’avais mal. Il a eu l’air perplexe et m’a prescrit un médicament contre la douleur.

Ainsi, tout le monde semblait s’extasier sur le superbe travail réalisé. Mais seul l’aspect technique importait à ces gens. Ma souffrance était totalement niée. Visiblement, j’étais considérée comme une accouchée douillette incapable de reconnaître la grande qualité des soins dont elle avait bénéficié. Mon insistance à me plaindre était presque inconvenante au regard du travail parfait qui avait été effectué.

Je passe sur les péripéties de mon séjour à la maternité. Ces trois jours ont été à l’image de mon accouchement. Tout s’est bien passé, la mère et l’enfant se portent bien…Rien de grave mais une accumulation de petites choses. Ainsi, le pédiatre me demanda si je souhaitais allaiter. Je répondis que non. Il répliqua : « encore une qui n’assume pas ». Je suppose qu’il était très copain avec l’anesthésiste ! Autre exemple : le lendemain matin, une aide-soignante m’apporta mon bébé. Je le regardai… ce n’était pas le mien ( véridique !!). Mon fils était blond, celui là était brun ! Entre-temps sa collègue s’étant aperçue de l’erreur, arriva presque en courant avec le bon bébé. Cela peut paraître burlesque, mais lorsque l’on vient d’accoucher, on n’a pas vraiment le sens de l’humour ! Un troisième exemple ? L’après-midi, j’entendis des grands cris provenant de la chambre en face de la mienne. La malheureuse jeune accouchée qui s’y trouvait venait de se faire voler son sac. Son voleur réussit à s’enfuir par la sortie de secours.

Trois mois plus tard mon épisiotomie me faisait toujours souffrir. Bien sûr, je pouvais maintenant m’asseoir sans difficultés mais toute relation sexuelle était totalement impossible. La douleur était épouvantable. Six mois plus tard, c’était encore le cas. Il fallut au moins un an avant que la douleur ne s’estompe un tout petit peu rendant théoriquement possible des relations mais au prix d’une souffrance encore très vive. Impossible dans ces conditions d’avoir une vie amoureuse épanouissante.

Lorsque j’en parlai au médecin qui n’avait accouchée, c’était toujours la même chose : « la cicatrice est belle… il n’y a aucune raison que vous ayez mal… on ne peut rien faire… reprendre la cicatrice pourrait causer plus de mal que de bien… il faut attendre… blablabla… ». Je me suis adressée à une autre gynécologue : « vraiment, vous avez encore mal après tout ce temps… c’est rare, vraiment rare…essayez la colpotrophine mais c’est sans garantie… ». Et puis encore une autre gynécologue : « c’est étonnant…très étonnant… ce doit être psychosomatique… » Le grand mot était lâché : psychosomatique ! Tout ce que le corps médical ne comprend pas est forcément psychosomatique.

Il est vrai qu’il y a forcément une part de psychosomatique dans tout ceci. Comment ne pas être stressée, comment ne pas se contracter à l’idée d’un rapport douloureux. Comment maintenir sa libido alors que l’on sait que l’on va avoir mal. C’est un cercle vicieux infernal qui se met en place. Mais la douleur engendrée par l’épisiotomie n’a rien d’imaginaire même si elle est aggravée par le stress et la peur de souffrir.

Et aujourd’hui, dix ans après, où en sommes nous ? Toujours à peu près au même point. La cicatrice est belle, presque invisible d’après mon médecin, mais elle reste douloureuse. La dernière gynécologue en date a eu une approche plus pragmatique que les autres. Elle m’a prescrit l’utilisation d’une pommade anesthésiante, et d’un lubrifiant. De plus, elle m’a conseillé de rechercher la position la plus adéquate au problème ! Mais sur le fond, elle ne voit pas comment régler le problème. Peut-être la chirurgie ? Mais quoi opérer au juste, la cicatrice est si belle ! La situation est donc au point mort.

Et votre couple, me direz-vous ? Et bien, il est aussi au point mort. Comment avoir une vie amoureuse satisfaisante dans ces conditions?

Mais pourquoi avoir laissé cette situation perdurer aussi longtemps ? Pourquoi ne pas avoir remué ciel et terre pour tenter de résoudre ce douloureux problème ? J’ai consulté quelques gynécologues. J’ai même vu une sage-femme. Mais j’aurais certainement pu faire davantage surtout la première année. Alors pourquoi ?

Tout d’abord, toutes les personnes du monde médical que j’ai rencontré ont nié ou minimisé mon ressenti. Leur réponse était toujours : il faut attendre, cela va passer. J’ai réellement cru que cela allait disparaître avec le temps ou que je pourrais m’en préoccuper plus tard. D’autant plus que la première année je me suis retrouvée confrontée à un problème inattendu.

On parle beaucoup du blues des mamans…et bien cela n’a pas du tout été mon cas. Je n’avais pas le temps pour cela. Par contre, on parle rarement du blues des papas et on devrait. Dès la naissance de notre fils, mon compagnon s’est comporté comme un fils aîné jaloux de son nouveau petit frère. Sans doute une réminiscence de son enfance ! Pourtant, cet enfant nous l’avions voulu tous les deux et nous avions une trentaine d’années. Alors je ne m’attendais pas à cela. Cependant, j’aurais dû me méfier. Il est vrai que mon conjoint se montrait souvent jaloux, non des autres hommes, mais de mes élèves ( je suis enseignante ), me reprochant de leur consacrer trop de mon temps.

Je me suis donc retrouvée quasiment mère célibataire, devant faire face à mes responsabilités en tant que maman, avec un boulot intéressant mais stressant et un conjoint en pleine crise. Comme je le fais toujours dans une situation difficile, j’ai pris sur moi en refoulant mes émotions et j’ai géré la situation en attendant des jours meilleurs. Mais du coup, j’ai négligé le problème de l’épisiotomie et ce problème a encore aggravé la crise de mon conjoint ( pauvre petit chéri !).

Lorsque j’ai enfin pu refaire surface, les dégâts étaient encore plus importants. D’une part, au fond de moi j’en voulais terriblement à mon compagnon de ne pas m’avoir épaulé et de ne pas s’être occupé de notre fils. Je me suis sentie trahie. Je pense qu’au lieu de prendre en charge la situation comme un bon petit soldat, j’aurais du hurler, me débattre de toutes mes forces … D’autre part, je me suis aperçue que plus le temps passait, plus il était difficile de parler du problème de l’épisiotomie. Rendez-vous compte, 2 ans, 4 ans, 6 ans, 10 ans… C’est à peine croyable. Ce n’est pas crédible. Comment croire une femme qui prétend avoir encore mal après 10 ans ? c’est forcément une affabulatrice, ou une folle qui somatise totalement ses problèmes au niveau du bas ventre. Comment en parler et à qui ? Les médecins ont tous la même réponse : on ne peut rien faire. L’entourage : mais comment est-ce possible…

C’est pourquoi, j’ai décidé de mettre tout ceci par écrit et de jeter une bouteille à la mer…

Je ne conteste pas la nécessité de cette épisiotomie. Elle était sans doute nécessaire. Mais ce qui n’est pas normal, ce qui est choquant, ce qui est scandaleux, c’est la négation du ressenti de l’accouchée par le corps médical. Mon accouchement s’est sans doute très bien déroulé sur le plan technique, mais il a constitué une véritable catastrophe sur le plan émotionnel. J’ai été d’un bout à l’autre spoliée, dépossédée de l’acte de donner le jour à mon fils. Ce qui aurait dû être un grand moment a été réduit à une banale intervention médicale. Il en aurait été de même si on m’avait ôté un kyste ! Non seulement, je n’ai quasiment pas participé à mon accouchement, j’ai subi la situation, mais en plus la douleur que j’ai ressenti suite à l’épisiotomie a été niée. Mon corps a été traité comme un objet que l’on peut travailler, découper, recoudre sans se préoccuper de la personne. Je reste physiquement et mentalement mutilée par cet accouchement. Tout ceci est tout simplement écœurant.

Alors peut-être que tout ceci est psychosomatique ! Mais je peux vous assurer que psychosomatique ou pas la douleur est bien réelle. Elle est là, elle est bien présente quelqu’en soit la cause. Et dire que cela se passe dans la tête ne résout pas le problème !

D’autre part, je suis sûre que je ne suis pas la seule femme à avoir une cicatrice douloureuse après tant d’années. C’est pourquoi j’espère qu’après avoir lu mon histoire, d’autres femmes auront envie d’en parler et qu’elles se feront connaître.

Je suis ouverte à toutes les suggestions, et j’attends vos conseils…

MH
 
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Re:épisiotomie 8 Moiss ago  
Myriam écrit:
Episiotomie&dix ans après.

Ceci est un appel au secours. Je souffre des séquelles dune épisiotomie, et ce depuis 10 ans. Oui ! 10 ans, cest à peine croyable mais cest vrai ! Alors si après avoir lu mon histoire quelquun a un conseil à me donner, une solution à me proposer ou un produit miracle, surtout quil nhésite pas. Parce que vraiment, dix ans cest long...


C'est à peine croyable et pourtant... Même si ça reste assez exeptionnel, tu n'es pas la seule à souffrir depuis si longtemps... Et combien de femmes n'osent pas en parler !!!

Voici mon histoire&

Le 2 mai 1997, jaccouchai dun beau garçon de 3kg600 et 52 cm. Javais 32 ans mais cétait mon premier enfant. Mon seul enfant& Laccouchement sest très bien passé&enfin selon les critères médicaux.

Pas de précipitation&laccouchement était programmé. Le terme était dépassé et toujours pas de contractions! Ainsi à 8h00 du matin le jeudi 2 mai, date fixée par le médecin (il avait tout dabord proposé le 1 mai avant de saviser que cétait un jour férié !), jarrivai tranquillement avec la petite valise de la parfaite future maman à la clinique. Jétais accompagné du futur papa.

On minstalla dans une chambre et on me perfusa&Le produit devait déclencher les contractions. Au bout de plusieurs heures linjection commença à faire son effet. Les contractions étant de plus en plus rapprochées et très douloureuses, la sage-femme appela lanesthésiste. Pas de chance& le praticien disponible ce jour là était ( par principe !) contre la péridurale. Il fit donc savoir quil viendrait quand il pourrait ( ou voudrait) et que la future mère devait ( pouvait ) patienter.

On me transféra dans une salle daccouchement. Malgré les contractions, le col de lutérus ne voulant toujours pas souvrir, la sage-femme décida de louvrir de force, manuellement... Puis elle décida quil était temps de percer la poche des eaux, ce quelle fit avec une longue tige.


Punaise, tout ça sans péridurale c'est barbare

Allongée sur la table daccouchement comme un cachalot échoué sur une plage, jattendais lanesthésiste en me cramponnant pour refouler la panique qui ne demandait quà me submerger. On a beau savoir que cela va faire mal, cela surprend ! La sage-femme sortit en proclamant quelle ne supportait pas les femmes enceintes qui souffrent. Il était dailleurs très difficile de dire quoi que ce soit à cette brave femme. Vraiment ces futures accouchées sont insupportables avec leurs questions !

et bé, elle pensait qu'un accouchement ça se fait comme une partie de golf ??? J'espère qu'elle a changé de metier depuis !!!

Lanesthésiste arriva enfin ! Il commença par mexpliquer que 90% des femmes dans le monde accouchaient sans péridurale, que sa propre femme avait mis leurs enfants au monde sans péridurale, et quaccoucher était un acte tout à fait naturel& Je lui fit remarquer que je nétait pas en état dargumenter et que pour linstant rien dans mon accouchement nétait naturel !

C'est certain !!! Je ne suis pas pour une systématisation de la péri, mais franchement dans le cas d'un déclenchement ou justement comme tu le dis RIEN n'est naturel, et les contractions terribles (d'autant plus lorsqu'on est bloqués sur le dos et que la seule aide est une SF acariate ) elle est largement justifiée !


Devant lattitude de ce médecin, le futur papa commença à sénerver. Je fus obligée de rappeler à tout le monde que jétais en train daccoucher. Enfin lanesthésiste se décida à faire cette P& de péridurale&

Quel soulagement ! Ouf&le paradis ! Mais cela ne dura pas très longtemps. Au bout de quelques temps, les contractions réapparurent mais seulement sur la moitié du ventre. La sage-femme ne sachant trop que faire téléphona à lanesthésiste qui ne se précipita pas pour constater le phénomène. Après mûre réflexion la sage-femme déclara : « cest peut-être parce que le bébé veut sortir&il faudrait peut-être pousser ! » Après avoir assassiné mentalement la sage-femme pour ne pas me lavoir dit plus tôt, je me suis sentie soulagée. Enfin jallais pouvoir passer à laction et « participer » à mon accouchement !

La sage-femme appela en renfort une aide-soignante. Toutes deux, tout en saffairant autour de mon ventre, discutèrent de leurs futures vacances. Puis vint lobstétricien qui après une rapide évaluation de la situation déclara que le bébé allait sortir ( !) mais que javais un « périnée de danseuse ». Je dois dire que jignorais totalement que jétais musclée à cet endroit là. Il fallait donc trancher et trancher beaucoup. Ce qui fut fait. Pendant ce temps-là la sage-femme et laide soignante avaient cessé leur conversation. Il faut dire que laide-soignante était très occupée à attirer lattention du médecin. Et puis pour tout ce petit monde cétait la routine. Tout se passait bien.


on sent bien le respect de la patiente... hélas à l'heure actuelle ça se passe souvent comme ça

Pourtant le bébé ne sortait toujours pas malgré la bonne volonté dont il faisait preuve et mes efforts pour le pousser dehors. Il fallut donc utiliser les forceps. Ainsi mon fils fut finalement extirpé de mon ventre à 17h38 soit 9h38 après que lon mait planté une aiguille dans le bras. Le médecin proposa au nouveau papa de couper le cordon ombilical. Mais celui-ci déclina loffre& Trop démotions sans doute&

Je voulus voir mon petit garçon. Mais daprès la sage-femme, il fallait tout dabord le nettoyer. Jinsistai, mais elle me fit remarquer que le bébé allait salir ma chemise de nuit ( !!!). Enfin elle le posa sur le haut de mon corps près de mon visage. Jeus à peine le temps de voir quil était blond, et hop, il repartait pour un nettoyage complet et les vérifications dusage.


et l'humanité dans tout ça ?

Et puis il fallut « accoucher » du reste : placenta et autres& et me recoudre. Le médecin déclara très satisfait que jaurais une belle cicatrice. En attendant, javais toujours limpression dêtre un cachalot échoué et je regardais tout autour de moi cherchant à apercevoir mon bébé. On me lamena dans une couveuse et on minforma que tout étant pour le mieux, jallais être transférée dans une chambre et mon fils dans la pouponnière.

Merci, la mère et lenfant se portent bien !&tout sest bien passé& un peu de contractions mais on les oublie vite& une naissance cest tellement merveilleux&et si naturelle !

Donc un accouchement tout ce quil y a de plus « naturel » et sans problèmes. Et en plus jai eu une très belle épisiotomie. Le médecin me la dit.


C'est fou comme ce que disent les soignants peut être éloigné de notre ressenti :_b_link__:

Javais enfin accouché et mon fils était là ( enfin& à lautre bout du couloir dans la pouponnière) et je pouvais me sentir heureuse et soulagée. Mais je ne savais pas que les problèmes ne faisaient que commencer. Je ne parle pas de mon fils, ce fut un bébé facile. Je parle des séquelles de laccouchement.

Après laccouchement, on se dit que le plus douloureux est fait. En effet, durant les fameux cours de préparation à laccouchement on nous parle des contractions, de la perte des eaux, du placenta, on nous mentionne même la possibilité dune épisiotomie. On nous dit que cela peut piquer un peu pendant quelques temps mais quil faut se forcer. En effet, il faut penser au papa ! (et la maman alors ?) et on nous promet que la petite douleur disparaîtra dautant plus facilement, que lon aura repris une activité sexuelle régulière. Allez, cest laffaire dun mois ou deux et tout rentrera dans lordre.


ben voyons !!! ce qui est attérant c'est que 10 ans après on entends toujours les mêmes discours

On noublie de nous dire que lon va saigner pendant au moins un mois et pas question dutiliser des tampons ! Mais ça, on peut encore faire avec. Mais cest beaucoup plus difficile avec la constipation et les hémorroïdes. Pendant une semaine je nai pas pu aller aux toilettes. Jétais pliée en deux tant javais mal au ventre. Aucun médicament na pu me soulager. Selon le corps médical, là encore il fallait se forcer.

Et puis, il y avait la fameuse épisiotomie, si belle, si bien réussie. Impossible de masseoir correctement pendant au moins quinze jours. Jétais obligée dutiliser une bouée. Et même avec cette précaution, cétait une torture.

Alors que jétais encore à la maternité, je me suis plainte auprès dune infirmière. Celle-ci ma fait remarquer que pourtant javais eu une belle épisiotomie. Cependant, elle ma donné quelques cachets de paracétamol. La douleur persistant, jai demandé à la sage-femme quelque chose de plus fort. Elle ma assuré que javais été très bien recousue. Puis, je me suis adressée au médecin-accoucheur. Très étonné, il ma affirmé que pourtant la cicatrice était très bien. Je lui ai alors fait remarquer que SA cicatrice était sans doute très belle mais que javais mal. Il a eu lair perplexe et ma prescrit un médicament contre la douleur.

Ainsi, tout le monde semblait sextasier sur le superbe travail réalisé. Mais seul laspect technique importait à ces gens. Ma souffrance était totalement niée. Visiblement, jétais considérée comme une accouchée douillette incapable de reconnaître la grande qualité des soins dont elle avait bénéficié. Mon insistance à me plaindre était presque inconvenante au regard du travail parfait qui avait été effectué.


Il leur est difficile d'avouer qu'il y a quelque chose qui cloche effectivement...

Je passe sur les péripéties de mon séjour à la maternité. Ces trois jours ont été à limage de mon accouchement. Tout sest bien passé, la mère et lenfant se portent bien&Rien de grave mais une accumulation de petites choses. Ainsi, le pédiatre me demanda si je souhaitais allaiter. Je répondis que non. Il répliqua : « encore une qui nassume pas ». Je suppose quil était très copain avec lanesthésiste ! Autre exemple : le lendemain matin, une aide-soignante mapporta mon bébé. Je le regardai& ce nétait pas le mien ( véridique !!). Mon fils était blond, celui là était brun ! Entre-temps sa collègue sétant aperçue de lerreur, arriva presque en courant avec le bon bébé. Cela peut paraître burlesque, mais lorsque lon vient daccoucher, on na pas vraiment le sens de lhumour !

Perso ça me parrait démentiel, et dans ton cas je pense que j'aurai pu mordre

Un troisième exemple ? Laprès-midi, jentendis des grands cris provenant de la chambre en face de la mienne. La malheureuse jeune accouchée qui sy trouvait venait de se faire voler son sac. Son voleur réussit à senfuir par la sortie de secours.

et "heureusement", ce n'était "que" son sac, ça aurai tout aussi bien pu être son bébé

Trois mois plus tard mon épisiotomie me faisait toujours souffrir. Bien sûr, je pouvais maintenant masseoir sans difficultés mais toute relation sexuelle était totalement impossible. La douleur était épouvantable. Six mois plus tard, cétait encore le cas. Il fallut au moins un an avant que la douleur ne sestompe un tout petit peu rendant théoriquement possible des relations mais au prix dune souffrance encore très vive. Impossible dans ces conditions davoir une vie amoureuse épanouissante.

C'est sur !

Lorsque jen parlai au médecin qui navait accouchée, cétait toujours la même chose : « la cicatrice est belle& il ny a aucune raison que vous ayez mal& on ne peut rien faire& reprendre la cicatrice pourrait causer plus de mal que de bien& il faut attendre& blablabla& ». Je me suis adressée à une autre gynécologue : « vraiment, vous avez encore mal après tout ce temps& cest rare, vraiment rare&essayez la colpotrophine mais cest sans garantie& ». Et puis encore une autre gynécologue : « cest étonnant&très étonnant& ce doit être psychosomatique& » Le grand mot était lâché : psychosomatique ! Tout ce que le corps médical ne comprend pas est forcément psychosomatique.

A ben vi, ça ne peut pas être de leur faute, donc ça vient forcément du patient

Il est vrai quil y a forcément une part de psychosomatique dans tout ceci. Comment ne pas être stressée, comment ne pas se contracter à lidée dun rapport douloureux. Comment maintenir sa libido alors que lon sait que lon va avoir mal. Cest un cercle vicieux infernal qui se met en place. Mais la douleur engendrée par lépisiotomie na rien dimaginaire même si elle est aggravée par le stress et la peur de souffrir.

Et aujourdhui, dix ans après, où en sommes nous ? Toujours à peu près au même point. La cicatrice est belle, presque invisible daprès mon médecin, mais elle reste douloureuse. La dernière gynécologue en date a eu une approche plus pragmatique que les autres. Elle ma prescrit lutilisation dune pommade anesthésiante, et dun lubrifiant. De plus, elle ma conseillé de rechercher la position la plus adéquate au problème ! Mais sur le fond, elle ne voit pas comment régler le problème. Peut-être la chirurgie ? Mais quoi opérer au juste, la cicatrice est si belle ! La situation est donc au point mort.


C'est déjà pas mal qu'elle n'ai pas elle aussi nié ton ressenti...

Et votre couple, me direz-vous ? Et bien, il est aussi au point mort. Comment avoir une vie amoureuse satisfaisante dans ces conditions?

Mais pourquoi avoir laissé cette situation perdurer aussi longtemps ? Pourquoi ne pas avoir remué ciel et terre pour tenter de résoudre ce douloureux problème ? Jai consulté quelques gynécologues. Jai même vu une sage-femme. Mais jaurais certainement pu faire davantage surtout la première année. Alors pourquoi ?

Tout dabord, toutes les personnes du monde médical que jai rencontré ont nié ou minimisé mon ressenti. Leur réponse était toujours : il faut attendre, cela va passer. Jai réellement cru que cela allait disparaître avec le temps ou que je pourrais men préoccuper plus tard. Dautant plus que la première année je me suis retrouvée confrontée à un problème inattendu.

On parle beaucoup du blues des mamans&et bien cela na pas du tout été mon cas. Je navais pas le temps pour cela. Par contre, on parle rarement du blues des papas et on devrait. Dès la naissance de notre fils, mon compagnon sest comporté comme un fils aîné jaloux de son nouveau petit frère. Sans doute une réminiscence de son enfance ! Pourtant, cet enfant nous lavions voulu tous les deux et nous avions une trentaine dannées. Alors je ne mattendais pas à cela. Cependant, jaurais dû me méfier. Il est vrai que mon conjoint se montrait souvent jaloux, non des autres hommes, mais de mes élèves ( je suis enseignante ), me reprochant de leur consacrer trop de mon temps.

Je me suis donc retrouvée quasiment mère célibataire, devant faire face à mes responsabilités en tant que maman, avec un boulot intéressant mais stressant et un conjoint en pleine crise. Comme je le fais toujours dans une situation difficile, jai pris sur moi en refoulant mes émotions et jai géré la situation en attendant des jours meilleurs. Mais du coup, jai négligé le problème de lépisiotomie et ce problème a encore aggravé la crise de mon conjoint ( pauvre petit chéri !).

Lorsque jai enfin pu refaire surface, les dégâts étaient encore plus importants. Dune part, au fond de moi jen voulais terriblement à mon compagnon de ne pas mavoir épaulé et de ne pas sêtre occupé de notre fils. Je me suis sentie trahie. Je pense quau lieu de prendre en charge la situation comme un bon petit soldat, jaurais du hurler, me débattre de toutes mes forces & Dautre part, je me suis aperçue que plus le temps passait, plus il était difficile de parler du problème de lépisiotomie. Rendez-vous compte, 2 ans, 4 ans, 6 ans, 10 ans& Cest à peine croyable. Ce nest pas crédible. Comment croire une femme qui prétend avoir encore mal après 10 ans ? cest forcément une affabulatrice, ou une folle qui somatise totalement ses problèmes au niveau du bas ventre. Comment en parler et à qui ? Les médecins ont tous la même réponse : on ne peut rien faire. Lentourage : mais comment est-ce possible&

Cest pourquoi, jai décidé de mettre tout ceci par écrit et de jeter une bouteille à la mer&


Je comprend et tu as bien fait ! J'espère sincèrement que nous pourrons t'aider même si je ne pense pas avoir de solution miracle, mais déjà pouvoir parler et être écoutée sans passer pour une folle c'est important

Je ne conteste pas la nécessité de cette épisiotomie. Elle était sans doute nécessaire. Mais ce qui nest pas normal, ce qui est choquant, ce qui est scandaleux, cest la négation du ressenti de laccouchée par le corps médical. Mon accouchement sest sans doute très bien déroulé sur le plan technique, mais il a constitué une véritable catastrophe sur le plan émotionnel. Jai été dun bout à lautre spoliée, dépossédée de lacte de donner le jour à mon fils. Ce qui aurait dû être un grand moment a été réduit à une banale intervention médicale. Il en aurait été de même si on mavait ôté un kyste ! Non seulement, je nai quasiment pas participé à mon accouchement, jai subi la situation, mais en plus la douleur que jai ressenti suite à lépisiotomie a été niée. Mon corps a été traité comme un objet que lon peut travailler, découper, recoudre sans se préoccuper de la personne. Je reste physiquement et mentalement mutilée par cet accouchement. Tout ceci est tout simplement écSurant.

... je crois qu'il n'y a pas de mots...

Alors peut-être que tout ceci est psychosomatique ! Mais je peux vous assurer que psychosomatique ou pas la douleur est bien réelle. Elle est là, elle est bien présente quelquen soit la cause. Et dire que cela se passe dans la tête ne résout pas le problème !

Nous sommes un corps ET un esprit, et heureusement que tout est lié !

Dautre part, je suis sûre que je ne suis pas la seule femme à avoir une cicatrice douloureuse après tant dannées. Cest pourquoi jespère quaprès avoir lu mon histoire, dautres femmes auront envie den parler et quelles se feront connaître.

Je sais qu'il y en a, si tu fouille un peu dans la section "témoignages" du forum, et tu as aussi la possibilité de rejoindre la liste soutien-épisiotomie (tu trouvera l'adresse dans la partie "liens" du site) qui est un peu plus active que le forum et de fouiller dans les archives également. J'espère aussi que tu obtiendra des réponses

Je suis ouverte à toutes les suggestions, et jattends vos conseils&

Au niveau suggestion, ce à quoi je pense c'est que l'épisiotomie et/ou la suture ont pu toucher un nerf ce qui expliquerait la douleur persistante. Je ne sais pas du tout si la "reprise" de l'épisiotomie pourrait arranger quelque chose (parfois un nouvel accouchement peut faire rentrer les choses dans l'ordre, encore faut il avoir envie d'accoucher à nouveau !!!)

Est-ce que tu as déjà essayé de voir un ostéopathe ?

Pour ma part j'ai subit une épisiotomie il y a 2 ans 1/2, j'ai mis un peu plus d'un an à ne plus avoir mal lors des rapports sexuels, et ça reste un point douloureux lors de certaines activités. Rien d'insurmontable, mais c'est "là". Sur un point de vue psychologique, j'ai du mal à ne pas pleurer lorsque je parle de cet accouchement et je suis une psychothérapie (pas que pour ce problème, mais ça reste un "noeud" important) depuis 1 an...

Je t'envoie pleins de chaudoudoux et te remercie pour ton témoignage, c'est assez terrible toute la souffrance qui en ressort aussi longtemps après

Dorothée
 
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Myriam (Utilisateur)
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Re:épisiotomie 8 Moiss ago  
Merci Dorothée. Ton soutien me fait du bien.
Je vais fouiller dans les liens ( je n'y avais pas pensé).
Bisou
Myriam
 
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#2336
Dorothée (Admin)
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Re:épisiotomie 7 Moiss, 3 Semaines ago  
désolée que tu n'ai pas eu plus de réponses... le forum n'est pas très actif en ce moment

essaye ici : http://fr.groups.yahoo.com/group/soutien-episiotomie/ tu aura peut-être plus de chance, et surtout il y a beaucoup plus d'archives !

chaudoudoux

Dorothée
 
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