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(il y a des zigougoui dans le texte qui le rend illisible, j'en suis désolée
Bonsoir
Ceci concerne un article du site
www.infobebes.com, rubrique accouchement-Etablir son couple intitulé "Côté femme : les problèmes". L'url de cet article est
http://www.infobebes.com/htm/psycho/article.asp?id_sous_rub=112&id_article=594Une partie de l'article concerne l'épisiotomie. Ayant constaté que le contenu de ce paragraphe est partiellement en contradiction avec les dernières données de la médecine en la matière, je me permets de vous suggérer des points à mettre à jour.
Mes commentaires s'appuient sur un document rendu public en décembre 2005 par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Ce document se nomme "Recommandations pour la Pratique Clinique - RPC l'épisiotomies". Il est disponible en téléchargement sur le site officiel du CNGOF :
http://www.cngof.asso.fr/D_TELE/rpc_episio2005.pdfLe numéro des pages ci-dessous renvoie donc à ce document du 16 page, et les citations sont des copié-collés directement de ce document.
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L'épisiotomie
Il s'agit, pour la sage-femme ou l'obstétricien, de sectionner le périnée pour agrandir le passage du bébé. Ce geste évite les désagréments d'une déchirure et d'une cicatrisation plus difficile.
Mise à jour : Les déchirures ne sont statistiquement pas vécues comme plus douloureuses en post-partum, et les problèmes de cicatrisation sont significativement moindres à 7 jours pour les femmes n'ayant pas eu d'épisiotomie systématique. Ceci est décrit page 11 :
"Dans le post-partum immédiat, les patientes ayant eu une épisiotomie
se plaignent de douleurs périnéales plus que celles ayant accouché
avec un périnée intact ou une déchirure du 1er ou du 2e degré (Grade
B ). Cette différence n'existe plus à à 3 mois de l'accouchement.
Une politique de pratique restrictive des épisiotomies réduit de façon
significative les problèmes de cicatrisation au 7e jour, mais ne modifie
pas le taux d'infections ou d'hématomes périnéaux (Grade B )."
Il est totalement indolore, avec ou sans péridurale, car pratiqué au moment d'une poussée. L'épisiotomie soulage car la tension devient moindre.
Mise à jour : La pratique (et pas seulement la réparation) de l'épisiotomie occasionne bel et bien des douleurs qui doivent être prises en compte. Page 9 :
"La douleur induite par l'épisiotomie et sa réparation est globalement
sous-estimée et devrait être mieux évaluée. Il est
recommandé de recourir systématiquement à une méthode anesthésique lors de la pratique et de la réparation d'une épisiotomie"
Aujourd'hui près de 80 % des accouchements se déroulent avec épisiotomie.
Mise à jour : chiffres récents page 6
"Le taux global d'épisiotomies en France, rapporté aux accouchements
par les voies naturelles, bien qu'en décroissance depuis
1996-1997, était en 2002-2003 de 47 % (68 % chez la primipare et
31 % chez la multipare)."
Des conséquences sur les relations sexuelles...
L'inquiétude de certaines femmes à l'idée de reprendre des rapports sexuels avec leur compagnon, vient essentiellement de la peur d'avoir mal, de "déchirer" davantage le périnée au lieu de le cicatriser. Pourtant, il faut savoir que la cicatrisation s'effectue en moyenne en 10 jours et qu'elle est sans conséquence sur les futures relations sexuelles.
Mise à jour : Les femmes ayant eu des épisiotomies ont plus de douleurs lors des rapports sexuels lors des premières semaines après l'accouchement. (mais pas de différence statistique après 3 mois entre épisitomie ou pas d'épisiotomie). Ceci est résumé en page 11 :
"Conséquences à long terme sur la sexualité
Quelle que soit la politique d'épisiotomie pratique (libérale ou
restrictive), il n'existe pas de différence concernant les taux de
reprise des rapports sexuels dans les trois mois. Si l'épisiotomie
semble générer plus de dyspareunies pendant les premières
semaines du post-partum, ceci n'est plus vrai à distance de l'accouchement
(Grade A)."
J'attends avec impatience de voir sur votre site un article qui informe les couples avec des données à jour.
Emmanuelle P.
PS.
La reprise des rapports sexuels après l'accouchement étant un objet important de votre article, il peut être intéressant que vous ayiez accès directement aux documents qui ont servi de _base_ scientifique pour l'élaboration des recommandations Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français.
Le document qui concerne les suites de l'épisiotomie se nomme "Complications immédiates et à long terme de l’épisiotomie" de Bruno Langer, Audrey Minetti et est disponible en formet pdf :
http://www.episiotomie.info/images/PDF/RPC6.pdfA titre d'information voici la copie du chapitre "Conséquences sur la sexualité" pages 6 et 7
Conséquences sur la sexualité
Reading (1982) a analysé les modifications de la sexualité par un questionnaire adressé 3
mois après l’accouchement [11]. Concernant le désir d’avoir un rapport sexuel, le plaisir
obtenu et la qualité du rapport, 15 à 24% des patientes considéraient qu’un changement était
survenu et l’attribuait dans la moitié des cas à l’épisiotomie (NP4).
Sartore (2004) a comparé la fréquence de la dyspareunie dans 2 groupes (groupe 1 :
épisiotomie et groupe 2 : périnée intact ou déchirure du 1e ou 2e degré) par un questionnaire
rempli à 3 mois [22]. La comparaison montrait davantage de dyspareunie dans le groupe
épisiotomie (OR=2,43 ; IC 95% 1,08-5,45) (NP3).
Abraham (1990) s’est intéressée de façon prospective au temps nécessaire après
l’accouchement pour retrouver une sexualité normale [23]. Il n’existait pas de différence
significative entre les patientes ayant eu une épisiotomie et les autres (NP3).
Larsson (1991) lors de la consultation à 8-12 semaines du post-partum rapporte une
dyspareunie chez 16% des patientes ayant subi une épisiotomie versus 11% chez celles
n’ayant présenté qu’une déchirure spontanée (p < 0,05) (NP2) [14]. Cependant, 30% des
patientes n’avaient pas encore repris les rapports sexuels.
Signarello (2001) a étudié à 6 mois du post-partum l’effet de l’épisiotomie sur la fonction
sexuelle [24]. La pratique d’une épisiotomie ne semblait pas avoir de conséquences notables
sur le plan sexuel par rapport aux déchirures spontanées. Les patientes ayant conservé un
périnée intact étaient indiscutablement celles qui retrouvaient la meilleure fonction sexuelle
(NP2).
Dans son étude randomisée (politique libérale ou restrictive), Dannecker (2005) a suivi les
patientes pendant 7,3 mois en moyenne après l’accouchement (NP1). Il n’observait pas de
différence significative entre les 2 groupes quant au taux de femmes [25] :
• ayant toujours eu des rapports depuis l’accouchement
• ayant eu un rapport au cours du dernier mois
• ayant eu mal au cours des rapports au cours du dernier mois
De même, dans son étude randomisée (politique libérale ou restrictive) où n’étaient réalisées
que des épisiotomies médianes, Klein n’observait pas de différence significative entre les 2
groupes quant [20] :
• au temps nécessaire pour avoir à nouveau des rapports sexuels
• au degré de douleur au cours du rapport
• au degré de satisfaction sur le plan sexuel à 3 mois (NP1)
Sleep (1987), également dans une étude randomisée (politique libérale ou restrictive),
n’observait pas de différence significative quant au taux de reprise des rapports dans les 3
mois ou de dyspareunie à 3 mois ou 3 ans (NP1) [27].
Au total, si l’épisiotomie semble générer plus de dyspareunies pendant les premières semaines
du post-partum, ceci n’est plus vrai à distance de l’accouchement (grade A).
Message édité par: emmap, à: 08/09/2006 23:11