Bonsoir,
Je raconterai volontiers mon acouchement mais ici n'est pas la question...La question est l'épisio, et merci madame ma sf vous avez hésité mais pas coupé.
Ma pauvre mère m'a mise au monde il y a 25 ans et demi sans péridurale mais avec une épisiotomie digne d'un boucher.
Elle est restée 1 heure à pousser, souffrir, s'entendre dire qu'elle mettait un temps fou. Au bout de 1h30 de fatigue, son médecin accoucheur à l'époque ordonne "d'élargir tout ça"

. Sans péridurale je ne peut même pas imaginer la douleur de se faire couper à vif ! La douleur est atroce, elle refuse de pousser, je ne veux pas sortir. Epuisée, elle cesse tout effort quelques minutes, les deux sages femmes lui appuie sur le ventre pour me faire descendre... Reprise de poussées. Elle en a marre, pousse trop fort...je suis coincée (dixit le doc), il m'attrape, me déboite la clavicule un peu trop fort, m'extirpe et me confie aux sages femmes. Ma mère est hystérique, l'épisiotomie a été pratiquée droite mais n'a en rien empéché la déchirure puisque maman est déchirée jusqu'à l'anus et une partie de celui-ci est atteinte.
Non seulement il l'a charcuté mais en plus il l'engueule pour avoir poussé trop fort et avoir "salopé" son boulot.:_b_link__:
Les sutures se font à vif. Après 3 jours de douleurs terribles, vient la température élevée et la fatigue bien plus prononcée que pour ma soeur ainée. Diagnostic : surrinfection de la plaie. Les sutures sont boursouflées et purulentes. Les fils sont aussi enlevés pour "nettoyer" l'infection. Ma mère reste "béante" durant 2 jours. La suture sera refaite sous anesthésie locale. Après 2 mois la cicatrisation est complète, mais la douleur ne varie pas d'un yota. Le doc assure à ma mère que tout va bien et que la cicatrice est belle. Maman prend un rendez vous chez une femme gygy : pas le même discours. La cicatrice est indurée, boursouflée, suintante. Les sutures sont assymétriques et les plaies non recousues bord à bord.
Après, elle ne raconte pas...sa pudeur l'empêche.
Elle dit juste qu'elle a souffert jusqu'à mon 9ème anniversaire ! Elle a pu faire une reconstruction de son "intimité" comme elle dit.
Les conséquences de cet épisio, 25 ans après ? Un refus total de suivre une quelconque rééducation pour mettre fin à ses incontinences urinaires.
Si je n'avais pas rencontré Blandine, je n'aurai pas su que cette pratique était évitable et non-obligatoire. Cette histoire aurait pu être la mienne...
Merci pour votre combat et un coup de coeur à Blandine

et un coup de chapeau à ma maman
