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Bonjour,
Voila notre expérience pour ce qui est de vouloir accoucher comme on veut :
Mon épouse avait décidé de ne pas recourir à la péridural et de se passer de l'épisiotomie "préventive" pratiquée presque systématiquement au premier enfant. Ce choix était légitime et elle a évoqué le sujet en consultation, (j'étais présent) avec les gens de la clinique (S-F et obstétricien), qui ont noté la remarque et ont répondus, que si la vie de l'enfant était en danger, ils n'auraient pas le choix. Cela nous convenait et comme le site de la Clinique mettait en avant la charte de la personne hospitalisée qui précise qu'un acte médical ne peut être fait sans le consentement éclairé du patient, nous étions rassurés...
Nous n'aurions pas du, car en salle de naissance ce fut une autre histoire. L'obstétricien qui semblait pressé d'en finir pour aller déjeuner n'a pas hésité à jouer des ciseaux au premier instant d'inattention, alors qu'il était informé du refus. (En l'absence de la moindre explication de sa part et comme tout se passait bien, c'est malheureusement le motif le plus probable&) Nous avons fait la demande de dossier médical dans les jours suivants notre retour à la maison. Mais nous ne l'avons pas encore. En attendant, nous avons adressé en recommandé le courrier qui suit au coupable.
Donc si vous ne voulez d'épisio n'hésitez à faire des lettre recommandées avant l'accouchement. Gardez une copie sur vous à présenter aux sages-femmes et aux obstétriciens. Mais, je ne suis même pas certain que cela suffise à faire respecter votre volonté. Ce constat est triste, car à part accoucher à domicile, c'est difficile d'avoir la garanti de ne pas se faire couper pour rien. (à moins de trouver un TASER pour que votre accompagnant puisse immobiliser tout intervenant qui viendrait à se munir d'un ciseaux sans prévenir...)
Bonne courage a toutes et à tous.
Lettre recommandée avec AR adressée au Docteur K de la Clinique M (Rouen)le 2 octobre 2008 :
[Objet : Demande d’explications sur votre intervention du 11 septembre 2008 LRAR
Monsieur,
Le 11 septembre 2008, vers 8h15, je me suis présentée à la maternité. Le travail ayant commencé, j’ai été installée dans la salle de naissance Abricot. Désirant mettre au monde mon enfant par même-moi, j’avais refusé la péridurale, notamment pour limiter les risques de recours aux instruments, et vivre, pleinement, un accouchement médicalisé au minimum. J’étais fermement opposée à la pratique de l’épisiotomie préférant risquer une déchirure. J’avais clairement exprimé cette volonté en consultation obstétrique, à la sage-femme qui m’a reçue lors de l’entretien du quatrième mois, ainsi qu’à mon médecin traitant. Les échographies ayant montré que mon enfant était de taille modeste, cela m’avait conforté dans ce choix. En cas de difficulté à m’exprimer durant l’accouchement, j’avais demandé à mon époux d’être vigilant et d’intervenir au besoin pour faire respecter ma volonté.
Durant la matinée, le travail s’est fait très sereinement. J’avais commencé à pousser depuis peu, lorsque vous êtes entré dans la salle de naissance. Au bout de quelques contractions, alors que vous n’aviez pas daigné vous présenter, ni m’adresser la parole, vos premiers mots à mon égard ont été: « si j’avais coupé, il serait déjà là », sous-entendant que si vous aviez pratiqué une épisiotomie, la naissance aurait déjà eu lieu sans avoir à attendre que l’expulsion se fasse naturellement. Je vous ai distinctement et catégoriquement fait part mon refus en répondant : « non, on ne coupe pas !» et en tournant la tête négativement.
Deux ou trois contractions plus tard, alors que j’étais concentrée à gérer ma respiration, mon époux m’a brusquement lâché la main. Je l’ai entendu crier « Non, ne la coupez pas ! ». Je me suis tendue et j’ai rouvert les yeux. Je vous ai vu vous remettre dans l’axe de mon entrejambe. J’étais tétanisée. Sentant soudain une douleur, puis un relâchement, j’ai compris avec colère et tristesse qu’il était trop tard. Malgré l’injonction de mon mari, vous n’aviez pas pu vous empêcher de pratiquer une épisiotomie. J’ai serré les dents pour ne pas pleurer. Mon époux complètement dépité est revenu près de moi. On m’a demandé, si je voulais attraper mon enfant, mais je n’étais plus vraiment là. Puis, on a demandé à mon mari s’il voulait couper le cordon.
Après avoir suturé les tissus, que vous aviez sectionnés, vous vous êtes enfin adressé à nous. Alors que légitiment nous attendions des explications justifiant la pratique, contre mon gré et sans la moindre information préalable, d’un acte chirurgical controversé, vous nous avez simplement dit : « on en fait toute une histoire, mais bien recousu, ça ne laisse pas de trace – Voulez-vous regarder dans un miroir ça ne se voit déjà presque plus ?». J’ai trouvé ces propos indécents et je me suis demandé, si vous aviez réellement conscience des conséquences et incidences d’un acte que vous pratiquez sans doute quotidiennement, sans l’avoir jamais subi. Ecœurée, ma gorge était nouée et je n’ai pu vous répondre. Je voulais que vous disparaissiez pour profiter de mon enfant, avant que l’anesthésie que vous m’avez administrée, également sans consentement, ne cesse d’agir. Sans tarder, vous avez quitté la salle de naissance, en lançant « maintenant, on va aller déjeuner »…
Je pensais vous revoir durant mon séjour et pouvoir obtenir des explications, ainsi que vous faire part de ma profonde indignation, mais ce n’a pas été le cas. Pendant plusieurs jours, malgré les antalgiques, les douleurs lancinantes liées à votre acte ont été bien plus insupportables que celles ressenties durant l’accouchement. La position assise étant intenable, l’apprentissage de l’allaitement a été difficile.
Aujourd’hui, la plaie est cicatrisée et je constate l’ampleur des dégâts. Sur les parties intérieures, notamment la petite lèvre, les bords de la coupure ne se sont pas bien ressoudés. Le touché de ces zones est très désagréable. Je m’inquiète que ces séquelles, qui malgré la douceur et la délicatesse de mon époux, risquent de m’empêche de retrouver une activité sexuelle normale, avant longtemps. Cette mutilation est inacceptable, car je suis _object_ivement convaincue que si vous aviez simplement laissé la dilatation se faire, l’expulsion se serait faite naturellement, sans provoquer de telles lésions, ni les souffrances qui en ont résultées. Je regrette votre intervention et j’aurai préféré que la sage-femme qui m’avait accompagnée avec respect durant le travail, puisse mener l’accouchement jusqu’au bout.
En l’absence de la moindre explication de votre part, nous ne cessons de nous interroger sur les motifs de votre geste qui a gâché un instant unique et me fait encore mal tant physiquement que moralement. Je ne pense pas que vous puissiez comprendre un jour à quel point votre attitude a été blessante et traumatisante tant pour moi que pour mon époux qui culpabilise toujours de ne pas avoir été plus persuasif pour faire respecter ma volonté et empêcher cela.
Ainsi, nous aimerions comprendre pourquoi le 11 septembre 2008, vers 13h30 vous avez volontairement sectionné mon périnée sur plus de 4cm, sans aucune information préalable sur la nécessité et les risques de cette intervention, alors que je vous avais clairement et catégoriquement fait part mon refus ?
Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur, nos salutations
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