Bonjour Ophélie
Déjà, tu es au courant du fait que l'épisiotomie est souvent pratiquée sans raison, et tu es au courant qu'un acte ne devrait pas être pratiqué sans ton consentement - ce qui est un avantage sur celles qui arrivent en ignorant tout cela.
Tu peux avoir sous la main des recommandations de pratique cliniques faites en 2006 par le collège national des obstétriciens
# Conclusions des RPC version courte, format html
http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PURPC_14.HTM# Conclusions des RPC version courte, format pdf
http://www.cngof.asso.fr/D_TELE/rpc_episio2005.pdfEn ce qui concerne le fait de consigner ton refus par écrit, cela demande réflexion. Cela dépend du caractère de chacun à mon avis, et pourra être pris différemmen par l'équipe soignante. Je vois très bien le cas où ce genre de courrier - une lettre par avance, un refus par écrit - risque de braquer l'équipe médicale. Une autre possibilité est de le dire par oral, et d'avoir peut-être un mot écrit, à ressortir lorsque cela semble réellement à bon escient - du genre, si tu tombes sur quelqu'un qui te diras que de toute façon c'est lui qui décide, ou qui t'annonce qu'avec lui c'est 100% d'épisiotomie...
Sur les situations où l'épisiotomie serait vraiment nécessaire: les résultats de recherche n'ont pas mis en évidence de cas où l'épisiotomie améliore quoi que ce soit. On pourrait se dire que ça évite des déchirures lorsque vraiment on a l'impression que ça va se rompre... Mais l'étude faite sur le sujet (qui a une portée limitée, échantillon faible) montre tout le contraire.
Je me dis, moi, à titre personnel qu'en cas de forceps, si la personne qui les fait a vraiment l'habitude de les faire avec épisiotomie, ... est-ce qu'il faut l'empêcher de faire cet acte (qui est vraiment un acte médical) dans des conditions où elle ne se sent pas à l'aise, sous menace par ex de poursuites judiciaire? Pas évident. Pourtant, les études montrent que l'épisiotomie est associée à plus de déchirures graves en cas de forceps. Finalement, le mieux est de ne pas avoir besoin de forceps, et surtout de forceps injustifiés.
Idem, en cas de grosse peur sur la santé du bébé. Mais il faut que la peur soit bien justifiée, et non prétexte à tenter d'accélérer l'accouchement. Se faire expliquer tout ce qui se passe?
Et comme, lorsqu'on accouche, on a autre chose à faire qu'à analyser des données, il est je trouve important d'être avec quelque'un, compagnon ou autre, qui soit briefé sur la question, et qui sache dire non, anticiper qu'on risque de couper sans prévenir. Tu as dû voir les récits où les compagnons n'ont pas vu, ont vu trop tard ce qui allait se passer.
Bref, que dire...que tu as la chance d'être informée, que le dialogue est à privilégier?
Bonne continuation
Emmanuelle