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Bonjour à toutes,
Bon vive les copié collé, désolées pour celles qui recevront ce récit plusieurs fois parce que nous sommes sur plusieurs listes ensemble.
Donc nous sommes dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 juin 2008, je me réveille, il est 3h du matin avec une énorme envie de faire pipi. Rien de bien exceptionnel, je me lève et je vais au toilette soulager mon envie. En revenant vers la chambre, j’ai une contraction un peu douloureuse, ça aussi rien de bien neuf j’en ai une ou deux par 24 h depuis une semaine, je fais donc demi-tour, je vais à la salle à manger pour faire un peu de ballon. Je m’assois sur le ballon, fait des rotations enfin bref, je bouge pour calmer les douleurs. Vers 3 heures trente, comme j’ai du mal à garder les yeux ouverts je décide d’aller me recoucher malgré les contractions. Retour dans la chambre mais quand je m’allonge les douleurs décuplent, je me relève en me disant « ah là cela doit être le jour J ». Je retourne à mon ballon mais cela devient moins efficace, je me mets à marcher doucement en soufflant pendant les contractions en me penchant en avant. Vers 4 heures, mon mari se lève, je l’informe que le travail est commencé, il se met sur son ordi et termine de mettre les musiques dont j’ai envie pour l’accouchement sur son MP3. Je me promène entre la salle à manger et le bureau doucement sans précipitation la douleur me fait changer de position mais n’est jamais paralysante, je souffle,, je marche me penche en avant tout cela dans l’atmosphère feutrée de la nuit, d’ailleurs nous avons mis les lampes en « basses lumières ». Entre les contractions, nous discutons avec mon mari, nous rions bref tout va bien vers 4h30, j’appelle ma mère pour lui dire que le travail a commencé et que je l’attends pour ma première mais qu’elle doit pas se presser. J’appelle ma sage-femme, je lui explique que j’ai des contractions dans le bas du bassin mais pas perdu le bouchon muqueux ni les eaux. Elle me conseille de prendre un bain chaud et de manger un peu et me demande de la rappeler dans deux heures. Ma mère arrive ma fille se réveille, il doit être 5 h (à partir de là, les durées deviennent floues pour moi). Je demande à ma mère de me faire couler un bain chaud et de s’occuper de Mathilde. La position allongée dans la baignoire n’est pas très agréable (je suis obligée de m’allonger) mais l’eau chaude me détend. Ma puce m’amène une tartine de pain beurrée mais je n’arrive pas à la manger. J’en profite pour expliquer que le bébé va arriver et que je vais être très occupée avec papa que l’on va partir mais que sa mamette va rester avec elle. D’un seul coup, je me relève en disant, « il faut que je sorte de là », j’ai à ce moment un sentiment d’urgence. Mon mari vient m’aider, il me sèche. J’ai de nouveau envie de faire pipi, donc direction les toilettes. Comme je suis bien assise sur les toilettes, j’y reste. Je commence à ressentir des douleurs dans les reins, je demande à mon mari de me masser, il se met à genoux devant moi et me masse, je me penche en avant sur ses épaules cela soulage. Je me moque gentiment de lui car il a besoin d’un petit coussin parce qu’il a mal au genoux. On bavarde. Puis, je recommence à m’agiter j’ai envie de faire caca. Je lui explique que c’est gênant et que si ça pouvait attendre ce ne serait pas du luxe mais bon cela a l’air pressant, donc je pousse un peu en grognant. A un moment, je demande à mon mari de soutenir mon périnée (pourquoi ? je n’en sais rien) avec sa main et je commence à me dire qu’il y a quelque chose de pas normal (En fait, ce que je voulais dire je pense c’est que le timing n’était pas bon). Je pousse en grognant. Puis un bruit, une sorte de claquement sec m’affole un peu mais tout à l’air d’aller donc on continue quelques minutes, secondes plus tard, le bouchon muqueux sort (glaire blanche avec de grand filament sanglant). Je demande à mon mari de rappeler la sage-femme, le bouchon muqueux c’est important. Elle me pose des questions, les douleurs sont un peu plus vives, un j’ai mal plaintif m’échappe. Je n’arrive plus à parler, je passe la sage-femme à mon mari, il discute, il demande à ce que je me lève et d’un coup il crie « Mais c’est la tête ». Instant de panique, mais je ne veux pas accoucher chez moi toute seule…. Mon mari appelle ma mère parce que j’ai du mal à me lever et à marcher. Ils me portent vers la salle à manger. Je me mets en position accroupie relevé adossée au ballon. Ma fille me voit arriver dans la salle à manger, elle crie, je demande à ma mère de l’occuper. Mon mari donne un coup de pied dans le tapis pour le retourner. Je pousse , un grand sentiment de calme et de sérénité m’envahit. Les eaux sortent. Mon mari me dit « Courage, la tête et le bras sont sortis » et là on entend le bébé crier ! Je ne sais plus combien de fois j’ai poussé, mon mari a pris le bébé et l’a posé sur mon ventre. Vite, il va chercher la couverture polaire dans la valise et nous recouvre. Le bébé est tout calme sur mon ventre. J’essaye de le remonter vers ma poitrine mais le cordon est trop court. Je me cramponne à mon bébé, je suis très fière. Le temps est comme suspendu. Je crois que le 6 :36 vert de la box restera gravé dans mon esprit jusqu’à la fin de mes jours.
Mon mari commence à éponger, cela devient de plus en plus foncé. La sage-femme arrive. Elle dit quasi immédiatement d’appeler les pompiers, je ressens un peu de fatigue. Elle coupe le cordon. Je remonte Fabien près de mes seins et il se met quasiment tout de suite à téter. Je sens quelque chose couler. Les pompiers arrivent. Le sentiment d’irréalité commence. Je songe « dommage, il y a trop de monde c’était bien quand on était que nous ». On me prend mon bébé. Je jette un coup d’œil affolée, ouf, il est dans les bras de son père. La sage-femme est devant moi, je vois des étoiles et la couleur se retire tout est doré et un peu auréolé. On me perfuse cela va mieux. J’entends le mot dextro, je hurle non ! (il y a moins de deux heures qu’il est né et j’ai lu dans un doc de l’oms que les dextro en dessous de cette durée de vie avait toutes les chances d’être mauvais donc, il recommandait de le faire après 2 heures de vie) L’infirmier n’insiste pas. Une deuxième perfusion. J’indique à mon mari où trouver les examens dont auront besoin les secouristes. Puis, le médecin estime que je suis assez stable et donne le branle-bas. Les pompiers me descendent en brancard (trois étages la tête en bas), je suis toute nue sous ma couverture !!! L’infirmier qui a mon bébé dans les bras s’arrange pour toujours être dans mon champs de vision. Ils me montent dans l’ambulance je demande où on va et il m’indique l’hôpital Beaujon à Clichy. Je ne connais pas, cela me semble loin. Le samu informe les pompiers et demande à ce qu’ils transmettent l’info à mon mari. Nous partons. Je commence à avoir sommeil mais à chaque fois que je ferme les yeux un « ne vous endormez pas madame ! »me réveille. Je leur explique en rigolant que je suis debout depuis 3 heures du mat et que je viens d’accoucher et que je suis fatiguée mais bon, ils ne veulent pas que je dorme donc je ne dors pas j’entends la sirène et le klaxonne. Il doit être 8h, 8h30 en région parisienne c’est les bouchons dur, dur…Je sens du liquide qui me baigne régulièrement les fesse mais je me sens bien…Arrivée aux urgences, on me sort de l’ambulance, le chauffeur s’excuse parce qu’il m’a un peu secoué. On arrive en salle d’urgence. On me met une sonde urinaire, je me débat jusqu’à ce qu’on m’explique ce qu’on me fait là je me détend un peu. Une dame se présente « je suis pédiatre, votre bébé c’est un peu refroidit, il est en couveuse mais il va bien est-ce que vous l’allaitez ? » - moi « oui » - elle « Bien, on va le nourrir à l’aiguille ». On me met un masque sur la figure, on me fait des prises de sang, ils ont du mal tension 5 oups.. Quand je me réveille, j’entend que les 4 poches de sang sont arrivées, ils me les perfusent et moi je pense « mince, je ne pourrais pas les rendre » (ben oui, je ne peux pas faire parti des donneurs, ils me refusent à chaque fois) La tension est remontée à 12 puis d’un coup elle redescend à 6 ; ils sont obligés de maintenir l’oxygène. Puis, on m’explique que je vais aller en salle de réveil. On me transporte, j’arrive dans une grande salle et on m’isole avec des paravents. Le gynéco se présente et m’explique que j’ai fait une rétention placentaire avec une hémorragie massive, qu’ils ont fait une révision utérine et que j’ai eu une petite déchirure qui a nécessité 3 points et que normalement je devrait remonter en maternité ce soir et que je pourrais retrouver mon bébé. Je suis contente, je vais enfin pouvoir dormir un peu. Je suis sous monitoring avec surveillance du cœur, de la tension, du rythme cardiaque. J’ai deux perfusions à gauche, une dans la main, l’autre dans le pli du coude et une à droite et aussi un pince-nez pour l’oxygène. Une infirmière arrive et me demande si j’allaite car on va devoir me passer des antibiotiques. Je réponds par l’affirmative. Je passe la journée à somnoler entre les diverses prises de sang de contrôle. Les infirmiers et les médecins finiront par me piquer en artériel, je n’ai plus une veine de piquable….Le soir, on m’annonce que comme j’ai encore beaucoup de protéines cardiaques dans le sang et que je n’ai pas beaucoup d’hémoglobine à moi (3g), ils vont me garder encore pour la nuit. Je demande à voir mon bébé, on m’explique qu’exceptionnellement on va me l’apporter mais un peu plus tard. Mon mari arrive, il reste 10/15 minutes pas plus, il a les traits tirés. Il m’explique qu’on n’est pas passé loin de la catastrophe. Vers 21 h, une auxiliaire puéricultrice m’apporte mon bébé. Mon bébé ??? Il sent l’antiseptique !!! Moi qui ce matin était si heureuse de le voir et de faire connaissance, ben pas plus, je le regarde « Tiens, il ressemble à sa sœur… » L’élan du cœur est loin. C’est mon bébé, ce mon étant tout intellectuel, le cœur ne suit pas. Léger malaise, je le porte à mes seins plus par conviction que ce qu’il faut faire que par véritable élan. Il tête à gauche puis à droite, avec mes perfusions, je me sens gauche. Il est lourd, je le rend à l’auxiliaire, je suis déjà fatiguée. La rencontre a eu lieu en 15 minutes grands maxi. Une infirmière me fera la réflexion un peu plus tard « c’est tout, votre bébé est déjà remonté » Je ne répondrais même pas. Le lendemain, on m’annonce que je vais pouvoir retourner en service Maternité, on ne me laisse qu’une voie de perfusion dans la main gauche, ils arrêtent les différents monitoring mais je garde toujours l’oxygène, je remonte, il est 10h30. Je réclame mon fils. « on vous l’emmènera un peu plus tard », le un peu plus tard, c’est à 13h30 en me disant qu’il a mangé il y a une demi-heure à la seringue grrr……..La chambre est une chambre à deux avec une dame qui n’allaite pas sa fille et qui visiblement a programmé sa césarienne. (plus à l’opposé l’une de l’autre, je crois pas que l’on puisse faire lol)
Aussitôt que Fabien arrive, je le prends avec moi dans le lit et je le mets contre moi et là je le caresse vu qu’il ne veut pas manger. Sa tête, son visage, ses pieds à présent, j’ai faim de le rencontrer. La nuit suivante montée de lait, notre histoire commence vraiment à partir de là, je suis tombée en amour pour mon petit mec avec un peu plus de 24 heures de retard mais grâce à l’allaitement c’est fait !!!
Bref, après 5 jours d’hospitalisation, on me renvoie chez moi où je suis dorlotée par ma fille, mon mari, ma mère et ma belle-mère. J’ai cru que je n’arriverais jamais à monter les trois étage sans ascenseur qui amène à mon chez moi. C’est là que j’ai réalisé que j’ai failli mourir et qu’il me faudrait un peu de temps pour me rétablir.
Mes conclusions : accoucher chez soi de manière physiologique c’est géant mais le faire avec une personne expérimentée à ses côtés et non pas au téléphone c’est mieux. Ce qui m’est arrivé est un accident gravissime mais un accident (5% des accouchement de mémoire mais il faudra que je creuse la question plus tard) Un grand merci, au SAMU, au service d’urgence de l’hôpital Beaujon qui a su respecter mon choix d’allaitement malgré une urgence lourde et à tous les donneurs qui ont fourni les 4 poches que j’ai reçu. Si vous ne deviez faire qu’une seule chose à la lecture de mon récit c’est « allez donner votre sang !!! ».
Quant à la déchirure, elle m'a embétée le temps que les trois points se résorbent c'est à dire 10 jours tout au plus. Rien à voir avec l'épisiotomie qui m'a fait souffrir 18 mois minimum...
Aurélie Maman de Mathilde (3ans) et Fabien (17 jours)
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