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L'épisiotomie, une histoire d'hommes ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Dorothée G.   
05-06-2008
 L'épisiotomie est une technique vieille de 250 ans. Elle est étrangement liée à l'arrivée des hommes dans les accouchements, au milieu du XVII° siècle. A cette époque, les états européens commencent à s'intéresser de près à leur démographie, il faut donc avoir un certain « contrôle » sur les naissances.

Auparavant l'accouchement était une histoire de femmes, elles se transmettaient de femme à femme les savoirs concernant la naissance. Elles avaient acquis un véritable savoir empirique, secret et intime sur la reproduction.

A partir du XVI° siècle, les sage-femmes, appelées matrones, jusqu'alors très libres, vont être contrôlées, notamment par l'obligation de déclarer les grossesses, et par une opposition aux avortements dont elles sont responsables. On va assister à une véritable chasse aux sorcières et les médecins vont chercher à récupérer le savoir des sage-femmes, qui sont peu à peu évincées et ne gardent qu'un rôle mineur auprès des « accouchées ».

A la fin du XIX° siècle le corps des accoucheurs des hôpitaux est crée. Parallèlement, le rôle des sage-femmes est limité : en 1892, elles n'ont plus le droit de prescrire des médicaments et d'utiliser des instruments. Elles garderont cependant une relative liberté jusqu'à la deuxième guerre mondiale, puisque jusqu'à cette date encore environ 50% des accouchements se passent à domicile, en leur seule présence. De nos jours, les accouchements à domicile représentent moins de 1% des accouchements en France...

Dès le début du XX° siècle, tous les pays occidentaux s'opposent à l'AAD. A cette époque, tout accouchement est considéré comme dangereux a priori, il est donc traité de façon médicale, voire chirurgicale. Les sage-femmes sont désormais formées par les médecins, exit la transmission de femme à femme. Jusqu'en 1980, les médecins contrôlaient les écoles de sage-femmes et l'ordre des sage-femmes.

Tout ce parcours est important à connaître pour comprendre le cadre dans lequel est survenue l'épisiotomie...

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REGARDS CROISES SUR UNE PRATIQUE COURANTE : L’ANESTHESIE DES SUTURES ... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Blandine   
22-03-2008

La suture de l'épisiotomie ... parfois un très mauvais souvenir ... Pourquoi ? parce qu'au nom de croyances - les tissus étirés seraient insensibles par ex - il y a parfois, trop souvent une suture sans aucune prise en compte de la douleur induite, voire en niant cette souffrance, en se moquant de la femme ...


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Réaction de la sage-femme interviewée pour le mag de la santé sur France 5 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Emmanuelle P   
21-10-2007

Françoise Bardes, sage-femme, a été interviewée par France 5 pour l'émission "L'épisiotomie, un geste indispensable" (diffusée le 16 octobre 2007 - la transcription de l'émission est ici).

Voici la réaction de Françoise Bardes après avoir vu l'émission (le message a d'abod été diffusé sur une liste de discussion publique et je le reproduis ici avec son autorisation).

J'ai participé à cette émission, ce que je regrette particulièrement.

Ridiculiser ainsi le travail de recherche de l'AFAR ou du CIANE, est difficilement digérable!!! L'équipe de tournage a passé 15, 20 minutes à recueillir des informations auprès de moi (representant le CIANE) et dans l'emission j'apparais 3 secondes pour dire un banalité aussitôt contredite par le professeur Goffinet qui dit : il ne faut pas croire qu'il ne faut pas faire d'épisiotomie, si un perinée menace déchirure l'épisiotomie est justifiée!!!

On voit que ce professeur a lu avec exactitude les études scientifiques , qui montrent que la "prévention" de la déchirure par une épisiotomie augmente certainement le nombre de blessures perinéales (les périnées qui résistent aux ciseaux sont rares...) et ne protège nullement d'une déchirure grave!!!! On peut donc être professeur, travailler dans un grand hopital parisien et dire des contreverités scientifiques!!!

Une très grande déception donc, comme chaque fois la journaliste se fait retourner par l'establishment médical qui n'hésite pas à émettre des avis contraire aux résultats de la recherche, mais qui conforte leur attitude clinique fondée sur la routine.
 
Répeter ses erreurs, affirmer que c'est la bonne solution, est le contraire d'une médecine respectueuse et des patients et des recherches, et fait douter que nos  "professeurs" ouvrent et lisent les journaux de recherche médicale pour faire évoluer leur pratique.

Un espoir déçu encore une fois, les medias sont au service des chefs, et non de la vérite scientifique.

Une maigre coonsolation : le site www.episiotomie.info était très clairement cité et montré!!!

 

 

 
Journal de la santé - France 5 - Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Dorothée G.   
19-10-2007


*Transcription (partielle) de l’émission de France 5*

*Le magazine de la santé au quotidien*

*Emission du mardi 16 novembre 2007*

* *

*Episiotomie, un geste indispensable ?*

* *

Présentation de l’émission
http://www.france5.fr/sante/traitements/W00514/58/147490.cfm

La vidéo, accessible pendant une semaine

http://www.france5.fr/images/emissions/008892/32/magazinesante_20071016.asx

3.24

La présentatrice

L’épisiotomie, redoutée, mais pourtant c’est une pratique courante en
obstétrique. C’est une incision chirurgicale du périnée. De quoi
d’agit-il, parce que périnée en général on ne comprend pas très bien. On
va regarder ça sur un schéma d’une femme de profil. Ce périnée, c’est un
groupe de muscles bien cachés, c’est une sorte de petit hamac musculaire
qui va s’attacher devant au niveau du pubis et derrière au niveau de la
colonne vertébrale. Il va traverser plusieurs éléments importants.

Présentateur

2.42

L’urètre, l’anus et le vagin, qui vont passer tous les trois à travers
ce hamac musculaire, et à lui seul le périnée va soutenir tous les
organes au niveau du bassin et va jouer aussi un rôle pour la
continence, puisqu’en se contractant, il va exercer une pression sur
l’urètre et va bloquer le passage de l’urine.

La pratique de l’épisiotomie est un geste qui permet d’agrandir
l’orifice vulvaire et faciliter la sortie du bébé.

3.08

La première incision chirurgicale du périnée a été réalisée en 1742 et,
jusque dans les années 1990, l’épisiotomie était réalisée de façon
systématique lors du premier accouchement, ou en cas de forceps, ou en
cas d’accouchement par le siège.

Du coup, cette pratique est très répandue en France.

Les chiffres indiquent que 47% des femmes qui ont accouché par les voies
naturelles ont eu une épisiotomie, sur ce chiffre 68% sont ce qu’on
appelle des primipares, c'est-à-dire que c’est leur premier
accouchement, et 31% chez les multipares.

Ce sont des chiffres très importants alors même que l’indication de ce
geste est de plus en plus contestée, certains médecins ou sages-femmes
parlant même de mutilation.

Le présentateur

En France l’épisiotomie est pratiquée sur le côté droit, et dans les
pays anglo-saxons plutôt au milieu vers l’anus. Cette petite
intervention est réalisée par les sages-femmes ou les médecins. Pour
plus d’explication avec Mélanie Morin et D..

*(reportage)*

C’est un acte régulièrement réalisé par les sages-femmes ou les médecins
lors des accouchements. Un acte de petite chirurgie mais qui n’est pas
anodin.

*Dr Marc Legris, gynécologue obstétricien (avec mannequin)*

4.10

On pratique une épisiotomie lorsqu’il y a des risques de déchirure et
lors de l’accouchement lorsque la tête du bébé remplit le périnée,
c'est-à-dire que le bébé est presque sorti, c’est ce qu’on appelle le
petit couronnement. C’est à ce moment que le périnée est le plus
distendu et c’est à ce moment où l’on peut pratiquer une épisiotomie.

On introduit la branche d’un ciseau à l’intérieur et on coupe à 45° sur
6 cm. On coupe à la fois la peau, on coupe à l’intérieur le vagin, et
entre le vagin et la peau, les muscles périnéaux.

Suite du reportage

4.39

Une fois l’incision réalisée, on retrouve une coupure nette.

*Dr Marc Legris (sur le mannequin)*

Cette épisiotomie a été faite de toute évidence par un gaucher, parce
que là on est en médio-latéral gauche, mais enfin ça revient exactement
au même.

Donc on retrouve les trois plans dont on parlait tout à l’heure, le plan
cutané ici à l’extérieur, sur la peau, le plan vaginal qui est à
l’intérieur, et entre ces deux plans on retrouve à l’intérieur le plan
musculaire qui est ici.

Ce sont ces trois plans qu’il va falloir suturer.

Suite du reportage

5.10

La suture de l’épisiotomie est réalisée immédiatement après
l’accouchement s’il n’y a pas eu d’hémorragie ou de complications. Elle
se déroule sous l’effet de la péridurale ou sous anesthésie locale.

Pour nous en faire une démonstration, le médecin utilise une cuisse de
poulet. Sa peau imite la texture vaginale. C’est un bon substitut,
souvent utilisé dans les écoles de sage-femme.

*Le médecin (avec la cuisse de poulet)*

Il faut surtout qu’il n’y ait pas de distorsion dans les plans, il ne
faut pas que ce soit tordu à la fin. On peut imaginer que ça se passe au
niveau du vagin mais ça peut être exactement la même chose au niveau de
la peau, c'est-à-dire qu’on ne doit pas avoir des oreilles qui se
forment au niveau de la cicatrice, et on doit retrouver en fin de suture
une cicatrice qui est rectiligne.

Suite du reportage

5.49

Mais même si la cicatrice est nette, elle peut, dans de rares cas, être
douloureuse des semaines ou des mois après l’accouchement. D’où la
controverse qui règne autour de l’épisiotomie.

Françoise est sage-femme libérale, elle dénonce cette pratique systématique.

*Françoise Bardes, sage-femme libérale*

Actuellement en France, personne ne demande l’avis de la femme. On lui
inflige une épisiotomie.

Or entre une épisiotomie _certaine_ et une déchirure _possible_, on
gagne, d’ailleurs il y a une étude qui est faite sur ce sujet qui montre
que si on fait une politique restrictive d’épisiotomie il n’y a pas plus
de déchirures, et il n’y a pas plus de déchirures _graves_ non plus.

Suite du reportage

6.29

Mais ce point de vue est à relativiser. Il y a deux ans, le docteur
Goffinet a participé à un colloque d’obstétriciens sur le thème de
l’épisiotomie.

Il en ressort que cette pratique pourrait être réduite à 3 femmes sur
10, même s’il est difficile de raisonner en terme de chiffres sur un tel
sujet.

Fr François Goffinet, Gynécologue Obstétricien, Maternité Port-Royal
/ AP-HP

Le fait de faire _systématiquement_ une épisiotomie n’apporte aucun
bénéfice. Mais il ne faut pas que les gens comprennent que, puisqu’on ne
doit plus faire une épisiotomie systématique, il ne faut plus du tout
faire d’épisiotomie. Quand le professionnel voit que le périnée va se
déchirer, et va se déchirer peut-être dans sa partie postérieure, en bas
du périnée, vers le sphincter anal, à ce moment-là il _faut_ qu’il fasse
une épisiotomie.

Suite du reportage

7.03

Plusieurs pistes sont explorées pour essayer de réduire le nombre
d’épisiotomies, ainsi que les éventuelles déchirures. C’est le cas des
positions d’accouchement accroupies ou sur le flanc, même si à ce jour
aucune étude clinique n’a établi leur efficacité avec certitude.

Le présentateur

7.20

Alors pour éviter d’avoir recours à l’épisio, certains spécialistes
conseillent aux futures mamans de préparer le périnée au cours de la
grossesse, en faisant des massages réguliers de la zone pour que le
périnée se détende plus facilement au moment de l’accouchement, mais
aucune étude scientifique ne prouve l’efficacité de ce massage périnéal.

La présentatrice

7.43

Ce qui est sûr c’est qu’après une épisiotomie il faut prendre des
précautions, pour éviter les risques d’infection, durant au moins les
dix jours qui suivent l’accouchement. […]

C’est quand même des questions très pratiques.

Après avoir uriné, il faut en effet toujours s’essuyer de l’avant vers
l’arrière, pour éviter de ramener les germes vers la cicatrice. Il faut
aussi faire des toilettes régulières de la zone avec un savon
antiseptique à l’eau tiède.

Et pour aider la cicatrice il faut que la zone de l’épisiotomie reste
sèche, parce qu’il ne faut pas de macération, alors certains conseillent
de tamponner la zone avec un linge ou alors d’utiliser un sèche-cheveux.

Quelques jours après l’accouchement, vous pouvez aussi assouplir la
cicatrice en la massant avec de l’huile d’amande douce.

Le présentateur

8.17

Vous l’avez vu, l’incision de l’épisio se fait sur 4 plans différents,
et même si la peau cicatrise rapidement, les parties plus profondes
prennent plus de temps. En outre, toutes ces zones comprennent des
terminaisons nerveuses. Alors face à la douleur les femmes sont
malheureusement inégales et les soins peuvent être longs, douloureux,
laisser des traces autant physiques que psychologiques.

[reportage, Sylviane. Non retranscrit]

Le présentateur

11.53

Si vous avez eu une épisiotomie et que vous avez besoin d’en parler ou
d’avoir des conseils, sachez qu’il y a un site internet qui est très
bien conçu, www.episiotomie.info <http://www.episiotomie.info/>.

[Une dernière sur l’étymologie, qui vient de « pubis]

- Fin

 
Lettre de Brigitte B. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Brigitte B.   
24-05-2007


Docteur X

Hôpital de ...

Service de gynécologie


le 12 novembre 2005


Monsieur,


Je suis arrivée au service de gynécologie le mardi 23 aôut vers 14 heures avec le souhait d’accoucher dans de bonnes conditions avec la sage femme de service et mon conjoint à mes côtés comme me l’avait expliqué ma gynécologue qui a suivi ma grossesse.
J’ai tout de suite été placée en salle de travail où la sage femme m’a dit que j’étais à 4 de dilatation et que bébé se présentait bien. Elle s’est alors retirée de la pièce pour me laisser continuer mon travail car je ne voulais pas de péridurale pour accoucher le plus naturellement et pouvoir sentir et maîtriser ce qui se passerait dans mon corps.
Puis tout à coup , vous êtes arrivé et vous avez brusquement examiné mon col qui était alors à 10 de dilatation comme me l’avait dit la sage femme avant vous ; puis vous avez alors décidé de me faire une césarienne sans la moindre explication.
Je vous ai demandé pourquoi ainsi que mon conjoint puisque tout se présentait bien :

  • dilatation à 10

  • contractions régulières

  • pouls de la mère et du bébé ok

  • présentation du bébé par la tête

Il n’y avait pas la moindre urgence thérapeutique vitale pour la mère ni pour le bébé .

Vous m’avez alors tout de suite transféré en salle d’opération où mon conjoint n’a pas été accepté, même pour cet évènement exceptionnel dans notre vie .
C’est alors là que le cauchemar a commencé pour moi car :

  • Il y avait sept personnes autour de moi qui s’agittaient comme si le bébé et / ou moi allait mourir.

  • Je n’étais pas dans la position idéale pour permettre une bonne progression du bébé puisque j’étais allongée avec la sensation d’étouffer .

  • On m’a attaché les cuisses.

  • Vous mettiez sans arrêt votre main dans mon corps et j’avais envie de hurler ( laissez moi tranquille et laissez mon bébé venir sereinement au monde, vous me faites très mal).

  • Trois personnes m’ont appuyés sur le ventre comme des fous pour que bébé descende vite, bien sûr, on était pressé d’en finir.


Lorsque mon enfant est venu au monde à 15h10 sous la pression et le stress, vous ne m’avez même pas permis de vivre normalement ce qu’il y a de plus beau et de plus intense dans la vie d’une femme, à savoir : de mettre mon enfant sur moi et de me permettre de l’accueillir dans mes bras, contre mon coeur, sans compter que mon conjoint était absent lui aussi . Nous aurions tant aimé vivre ensemble cet instant magique, nous l’attendions depuis plusieurs années, nous l’avions même imaginé .

Vous m’avez furtivement montré mon enfant que je ne voyais que par le siège sans voir son visage et puis quelqu’un d’autre l’a tout de suite emmené. Je vous ai demandé le sexe du bébé et vous ne saviez pas, vous m’avez alors répondu : «  je n’ai pas fait attention ».
Ensuite, vous avez rapidement et brusquement suturé mon épisiotomie , je vous disais que j’avais mal, mais vous n’avez pas pour autant ralenti ni adoucit votre main.
Après quoi on m’a transporté en salle d’accouchement où je suis restée pendant deux heures sans avoir vu mon bébé.
Après ces deux heures on m’a transporté dans ma chambre où j’ai encore attendu pour voir mon bébé enfin vers 17h30.

Alors voilà Docteur , pensez vous sincèrement en votre âme et conscience que ce que j’ai vécu là est normal ? .
Pourquoi vouliez vous faire une cesarienne alors qu’il n’y avait aucune raison ?
D’ailleurs, le test d’Apgar le prouve, il était à 9 .
Pourquoi m’avoir mis une telle pression et ne pas m’avoir permis d’accoucher normalement comme cela aurait dû se produire avec la sage femme et mon conjoint si vous n’étiez pas intervenu ?.

Docteur, vous faites un des plus beau et plus important métier qui soit : celui d’aider des femmes à donner la vie, à mettre au monde leur(s) enfant(s), alors de grâce, soyez plus humble , plus patient, plus sensible, plus attentif, plus respectueux ; bref plus humain car si vous-même êtes au monde aujourd’hui c’est par et grâce à une femme.

Probablement que vous vous moquerez complètement de cette lettre, mais j’en avais besoin pour guerrir .
Je veux que vous sachiez tout ce que j’ai ressenti pour mon accouchement qui a été psychologiquement et physiquement traumatisant mais aussi, pour qu’il n’y ait plus de femmes qui vivent cela.

Respectueuses salutations.


Brigitte B

 
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