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Écrit par Barbara Strandman
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27-10-2005 |
Sur une idée de Cécile Loup, une parodie de la chanson de Jacques Brel " Aux suivants " par Barbara Strandman
A LA SUIVANTE
Toute nue dans ma chemise qui me servait de cocon J'avais le rouge au front et la perf à la main A la suivante à la suivante J'avais juste trente ans et nous étions 5020 A être la suivante de celle qu'on suivait A la suivante à la suivante J'avais juste trente ans et l'on m'accouchait Au naissoir rutilant d'un chef lieu de canton A la suivante à la suivante
Moi j'aurais bien aimé un peu plus de tendresse Ou alors un sourire ou bien avoir le temps Mais à la suivante à la suivante Ce ne fut pas Waterloo mais ce ne fut pas Arcole Toutes les heures on venait en bande me tater le col A la suivante à la suivante Mais je jure que d'entendre cette surveillante de mes fesses C'est des coups à vous faire des armées d'impuissantes A la suivante à la suivante
Je jure sur la tête de mon premier toucher [vaginal] Que cette voix depuis je l'entends tout le temps A la suivante à la suivante Cette voix qui sentait l'éther et la péridurale C'est la voix des nations et c'est la voix du sang A la suivante à la suivante Et depuis chaque nourrisson à l'heure de s'enfanter Entre mes cuisses trop raides semble me murmurer A la suivante à la suivante
Toutes les suivantes du monde devraient se donner la main Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire A la suivante à la suivante Et quand je ne délire pas j'en arrive à me dire Qu'il est plus humiliant d'être suivie que suivante A la suivante à la suivante Un jour je me ferai stérilisée ou bonne soeur ou pendue Enfin un de ces machins où je ne serai jamais plus La suivante, la suivante
AH SCLAK SCHLAK SCHLACK
Dépouillée sur la tablette dure qui servait de lit J'avais la sueur au front et deux doigts dans le vagin Ah sclak schlak schlack
J'avais juste vingt ans et nous étions 70% á être découpées selon les pointillés Ah schlak schlak schlack
J'avais juste vingt ans et les jambes écartées Calée dans les étriers de la maternité Ah sclak schlak schlack
Moi j'aurais bien aimé qu'elle retire ces doigts Vu que j'lui ai demandé et qu'ce corps est à moi Mais Ah sclak schlak schlack
Je n'eu pas les forceps ni même de tralala Ce fut l'heure ou l'on regrette de n'être pas restée chez soi Ah sclak schlak schlack
Mais je jure que d'entendre cette surveillante de mes fesses Affirmer sans trembler qu' c'est elle qui décide C'est des coups à vous faire des armées de sage-femmicides Ah sclak schlak schlack
Je jure sur la tête de ma première suture Que ce crissement depuis je l'entends tout le temps Ah sclak schlak schlack
Ce cri de ma chair qu'on découpait comme une volaille Tandis que je criais « non j'veux pas, lachez donc la cisaille » Ah sclak schlak schlack
Et depuis chaque fois à l'heure de succomber Entre les bras de mon gars j'entends le bruit du couperet Ah sclak schlak schlack
Toutes les incisées du monde devraient se donner la main Voilà ce que la nuit je crie dans mon délire Ah sclak schlak schlack
Et quand je ne délire pas j'en arrive à me dire Que ca ferait des kilomètres de sexes entaillés Ah sclak schlak schlack
Peut êtr' même qu'on arriverait jusqu'á Tombouctou Arrêter la main excisant la jolie Fatou Ah sclak schlak schlack
Faut dire qu'y a des coins oú l'on vous tranche sans bétadine Ou l'on attend même pas qu'la femme soit en gésine Ah sclak schlak schlack
C'est dés la puberté, que l'on va pour son bien La charcuter comme faisaient les Anciens Ah sclak schlak schlack
Oui mais hommes ou femmes à force de dire non Imposeront un jour le respect de notre blason Et il n'y aura plus jamais De sclak schlak schlack de sclak schlak schlack. de sclak schlak schlack. |