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Je trouve intéressant d'avoir
créé un site pour tenter de lutter contre cette
pratique encore trop courante, aussi je voudrais apporter mon
témoignage qui est autant d'ordre professionnel que
personnel.
Au cours de mes études de sage-femme on m'a
appris que l'épisiotomie devait être pratiquée
systématiquement en cas de suspission de macrosomie, en cas de
risque de manoeuvre instrumentale (forceps...), en cas de périnée
cicatriciel(antécedent d'épisio ou de déchirure)...,
bref, en pratique, c'est à dire au cours de mes stages dans le
CHU attenant à l'école j'ai pratiqué sur les
conseils des sages-femmes et des médecins des épisiotomies
de façon quasiment systématique, du moins très
courante.
A la fin de mes études je me suis retrouvée
moi-même sur une table d'accouchement, dans une clinique
privée, et peu de temps avant la naissance de mon fils j'ai
demandé à la sage-femme si elle était d'accord
pour pratiquer l'accouchement. Elle fut ravie mais m'a dit qu'il
falait qu'elle "négocie" ça avec le gynéco
de garde qui, comme j'étais sage-femme (ou presque) a accepté.
J'ai alors mis au monde mon 1er enfant, un petit trésor de
4125g, sans la moindre éraillure. Mon expérience
personnelle m'a permi de considérer d'une tout autre manière
cette mutilation du périnée.
Une fois diplômée
je suis retourné travailler dans la clinique où j'avais
acccouché. Les gynécologues y pratiquaient les
accouchements en arrivant dans les 5 min qui précédaient
les naissances (Hic!!!!!) donc, pour la plupart, ils ne connaissaient
pas la femme et réciproquement (surtout). La pratique de
l'épisiotomie se faisait de façon systématique
ou presque, et je serrais les dents, impuissante, devant ces périnées
souples, bien ampliés, prêts à laisser passer un
petit être sans laisser de traces, que l'on mutilait.
J'ai
ensuite pu travailler dans une maternité publique et donc,
retrouver le vrai métier de sage-femme en accompagnant des
femmes lors d'accouchements physiologiques de façon autonome.
Et, depuis, je ne pratique qu'en cas d'absolue nécessité
l'épisiotomie, c'est à dire de façon rarissime.
Je n'ai (peut être par chance) jamais eu de périnée
complet (déchiré jusqu'à l'anus) ni de problème
de cicatrisation pour les déchirures.
Par la suite
j'ai mis au monde, à domicile, un deuxième trésor,
plus petit cette fois (3800g). Le passage des épaules a
occasionné une petite déchirure ayant nécessité
2 ou 3 points qui n'ont laissé aucune séquelle.
Pour
conclure, j'encourage les femmes à être le plus autonome
possible dans leur accouchement. J'entends par là, non pas
qu'elles doivent être seule car le soutien est primordial pour
rester confiante et bien vivre ce moment, et la médicalisation
est importante quand elle ne prend pas trop de place, mais qu'elles
doivent avoir confiance en elles, en leurs capacités, en la
nature, et qu'elles doivent savoir dire à l'équipe
médicale ce qu'elles veulent et ne veulent pas car il sagit de
leur accouchement, d'un moment unique... pour elles. L'épisiotomie
reste cependant parfois nécessaire mais rarement, aussi,
qu'elles n'hésitent pas à influencer la sage-femme ou
le gynéco, avec diplomacie, pour éviter ce geste.
A
bientôt peut-être?
Marie
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